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Photo Olivier Milleville (H'Actu Presse)Photo Olivier Milleville (H'Actu Presse)

Pelvoux : l’avalanche s’est déclenchée sous les victimes, après une descente en rappel

3 Avr 2015 - 20:43

Le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, a communiqué, ce vendredi soir, les premiers enseignements de l’enquête des gendarmes du PGHM de Briançon, à la suite de l’avalanche dans laquelle trois skieurs de randonnée ont trouvé la mort ce mercredi après-midi à Pelvoux. Un quatrième jeune alpiniste autrichien est toujours hospitalisé au CHU de Grenoble, où il est maintenu dans le coma. Son pronostic vital n’est plus engagé, selon le parquet de Gap.

L’avalanche s’est déclenchée sous les pieds du groupe de onze alpinistes, au moment où ils s’étaient rassemblés, à une cinquantaine de mètres du couloir qu’ils venaient de descendre en rappel. A cet endroit, la neige était très dure et le vent soufflait fort. Le groupe de skieurs de randonnée du Club alpin autrichien avait été « précédé dans la même zone par au moins un premier groupe de cinq randonneurs », selon les enquêteurs.

Le parquet relève que chaque homme du groupe autrichien était doté du matériel technique adapté à ce type de sortie, notamment d’un dispositif DVA (détection de victime d’avalanche) « qui a permis aux alpinistes indemnes de dégager le corps des victimes ensevelies avant même l’arrivée du PGHM sur place et de tenter de les ranimer, en vain pour trois d’entre eux ».

« Les auditions les plus urgentes sont terminées : les rescapés, dont les deux guides, peuvent donc rentrer chez eux », précise le procureur de la République. « Les investigations se poursuivent. Elles prendront encore plusieurs semaines. Ce n’est qu’au terme de l’enquête du PGHM de Briançon que le parquet de Gap prendra une décision sur les suites judiciaires qu’il conviendra de donner à cette affaire. »

Les guides des Ecrins apportent leur soutien aux guides autrichiens, en regrettant des « jugements hâtifs et stigmatisants »

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De son côté, Abdou Martin, président de la Compagnie des guides Oisans-Ecrins, se dit « choqué par des jugements hâtifs et stigmatisants pour toute notre profession. Et nous sommes solidaires de nos collègues guides autrichiens qui encadraient le groupe. En montagne, encore plus qu’ailleurs, on peut tous faire l’expert après l’accident en s’appuyant sur des on-dit ou des croyances… Ceci n’est pas très respectueux pour les victimes, leur famille, les rescapés ou même la trop souvent bafouée présomption d’innocence. »

Dans un texte, M. Martin assure qu’il « n’est pas question de se défiler de nos responsabilités, mais malheureusement nous ne manquons pas d’exemples où, à la suite d’un accident en montagne, des professionnels ont été stigmatisés, traités d’inconscients – pour rester poli – alors qu’après le travail de la justice, le professionnel était innocenté… On peut considérer qu’il s’agit d’une réaction corporatiste. Mais quand on voit la douleur infligée par cette « double peine » (vivre l’accident et la stigmatisation) sur ceux qui ont vécu cela, je pense que l’on peut dire que c’est juste une réaction humaine et empathique. Il faut se garder de croire que l’on sait : c’est dangereux sur le terrain, et très présomptueux pour le regard que l’on a sur les autres… »

(Photo Olivier Milleville/H’Actu Presse)


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