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les prêtres

Censure de l’affiche des « Prêtres » par la RATP : la polémique devient judiciaire (vidéo)

La censure de la mention « Au profit des Chrétiens d’Orient » sur l’affiche annonçant le concert du groupe « Les Prêtres » à l’Olympia, le 14 juin prochain, a entraîné une avalanche de réactions religieuses et politiques. Les responsables de la RATP ont ainsi été convoqués pour une audition devant le Sénat. Mais l’affaire prend désormais un tour judiciaire : le tribunal de grande instance de Paris a ainsi été saisi par la Coordination Chrétiens d’Orient en danger (Chredo) en référé. L’audience se tiendra le mercredi 8 avril à 10 heures.

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Patrick Karam, président de la Chredo, récuse l’argument de la RATP et de sa régie publicitaire Métrobus selon lequel une telle mention s’inscrirait « dans le contexte d’un conflit armé à l’étranger » et constituerait ainsi une atteinte au « principe de neutralité du service public ». « Nous avons engagé une action en justice car nous ne pouvons pas accepter que les Chrétiens d’Orient soient considérés comme étant partie à un quelconque conflit armé, déclare M. Karam. Comment peut-on mettre sur le même plan les agresseurs, les criminels, en l’occurrence les groupes armés islamistes et les victimes civiles désarmées, d’exactions graves qui peuvent s’apparenter à un crime contre l’humanité ou à un génocide? »

Dans un communiqué publié ce vendredi, la RATP souligne que « l’affiche annonçant ce concert a bien été apposée du 24 au 30 mars, en 250 exemplaires, dans les espaces publicitaires de la RATP gérés par Métrobus. Seule la mention de la destination de la recette de ce concert a été supprimée, conformément aux conditions générales de vente bien connues des clients annonceurs. La RATP ayant pour l’instant maintenu la décision prise antérieurement attend désormais que ce litige soit tranché par l’Autorité judiciaire. Dans l’hypothèse où notre position juridique serait contestée, la RATP en assumera toutes les conséquences en ouvrant ses espaces publicitaires. »

Larcher annonce une audition des responsables de la RATP par le Sénat

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De son côté, le président du Sénat, Gérard Larcher (UMP), a annoncé ce vendredi que la Haute assemblée allait auditionner des responsables de la RATP. Il demande à la RATP de revenir sur sa décision et de rétablir l’affiche telle qu’elle se présentait initialement. Il demande aussi à l’État, « au titre de sa tutelle sur la RATP, de mener l’enquête sur les circonstances ayant conduit à une telle décision absurde et sans fondement ».

Le député des Hautes-Alpes Joël Giraud (PRG), pourtant peu suspect d’accointances avec l’Eglise catholique, avait dénoncé, ce mardi, une décision relevant de « l’intégrisme laïc », et avait remis un courrier au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et à la ministre des Transports afin qu’ils poussent la RATP à revenir sur cette décision.

Même le PCF proteste « contre cette atteinte à la liberté d’expression (religieuse en l’occurrence) qui en outre est une atteinte à la liberté d’agir pour la solidarité envers des populations persécutées. Sous couvert d’une sorte de dogme et dans une attitude d’intransigeance mal-placée, la laïcité est de plus en plus souvent invoquée à contre-sens, comme on a également pu le voir à l’occasion d’une nouvelle polémique sur les repas de substitution dans les cantines scolaires. »

De nombreuses personnalités ont aussi dénoncé cette censure. A l’instar de Cecilia Attias, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, désormais à la tête d’une fondation pour les femmes. Le quotidien italien La Stampa consacre un éditorial à l’affaire en stigmatisant la « stupidité de ceux qui font de la laïcité un nouvel intégrisme ».

Mgr di Falco : « Ne pas confondre laïcité et intégrisme laïque »

L’évêque de Gap et d’Embrun, Mgr di Falco Léandri, qui avait révélé cette censure sur les réseaux sociaux ce lundi, ne comprend pas cette décision. Pour lui, « ce n’est pas prendre parti dans un conflit à l’étranger que de vouloir venir en aide à des populations en danger, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes ou autres. Il ne faut pas confondre la laïcité, que nous respectons, et un intégrisme laïque qui devient une chasse aux sorcières grotesque et ridicule. Jusqu’où ça va aller ? »

Il revient sur cette affaire dans sa chronique dominicale, diffusée notamment sur LePoint.fr :


Mgr Di Falco réagit après la censure de l… par LePoint


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