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assises de la solidarité

Gap : tous les chiffres de la pauvreté et de la vulnérabilité énergétique

Valérie Rolland (CCAS de Gap), Delphine Artaud et Carole Toutalian.
Valérie Rolland (CCAS de Gap), Delphine Artaud et Carole Toutalian.

Le maire de Gap Roger Didier a ouvert ce mercredi matin les assises de la solidarité au Quattro. « Espérons que cette journée soit profitable aux personnes dans l’isolement, dans la pauvreté, touchées par le manque de ressources pour leur apporter le réconfort nécessaire et réduire leurs difficultés. Il n’est pas question pour moi de faire des effets de tribune. Je souhaite que ce soir nous ayons des orientations. » Même si la solidarité recouvre un vaste champ, trois thèmes sont abordés ce jour pour rapidement mettre en place un programme d’actions : l’isolement des personnes âgées, la précarité énergétique et la précarité alimentaire.

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Cette journée a commencé par un état des lieux dressé par Carole Toutalian, chargée d’études au Dispositif régional d’observation sociale Provence-Alpes-Côte d’Azur, munie des derniers chiffres de l’Insee.

  1. L’isolement : les chiffres (de 2011) révèlent qu’à Gap, la part des plus de 65 ans est plutôt élevée, représentant 8,9% de la population (7,9% dans les Hautes-Alpes, 7,8% en Paca, 5,2% en France). De même que la part des familles monoparentales par rapport à l’ensemble des ménages gapençais avec un taux de 10,2% (10% en Paca, 8,9% dans les Hautes-Alpes, 8,7% en France).
  2. La pauvreté : le nombre d’allocataires du RSA a bondi de 9,3% entre 2013 et 2014 dans les Hautes-Alpes, soit la plus forte augmentation de la région (+5,9% en France, +3,8% en Paca). Les revenus moyens à Gap (par foyer fiscal) sont inférieurs à la moyenne nationale : 23.798€ à Gap, 22.468€ dans les Hautes-Alpes, 24.453€ en Paca et 25.380€ en France. Le pourcentage de foyers fiscaux imposables s’élève à 54,4% à Gap, 57% dans les Hautes-Alpes, 55,4% en Paca et 57% en France. Même si les Hautes-Alpes ont le taux de chômage le plus faible de la région (au 3e trimestre 2014) avec 9,2% (11,6% en Paca), les chiffres sont en constante augmentation. De même que le taux de pauvreté augmente : 14% dans les Hautes-Alpes en 2011 (contre 13,4% en 2006), 16,4% en Paca et 14,3% en France.

Delphine Artaud, responsable des études Insee à Marseille, a abordé ensuite le sujet des ménages en situation de vulnérabilité énergétique quant au règlement des factures de chauffage ou de carburant. Les Haut-Alpins sont particulièrement touchés par ce risque (25.000 ménages, soit 42 % des ménages dans les Hautes-Alpes).

La vulnérabilité due aux dépenses de carburant touche plutôt les ménages qui résident en dehors des pôles urbains, en particulier autour de Gap, entre Chorges et Tallard, liée aux trajets domicile-travail.

Sans surprise, la vulnérabilité liée au chauffage est elle aussi élevée dans les Hautes-Alpes, au regard de la consommation d’énergie et du nombre de logements énergivores. Gap est la commune de cette zone qui concentre le plus de ménages vulnérables : 4700, soit plus du quart de sa population. Le climat n’est pas le seul en cause. Il faut aussi prendre en compte le type de combustible et la taille du logement. 37 % des ménages vulnérables de Provence-Alpes-Côte d’Azur se chauffent au fioul (dont la facture moyenne atteint 1.300€ par an) et 30 % vivent dans plus de 100 m², multipliant ainsi par 1,5 au minimum la facture régionale moyenne de 800 euros par an. Cette facture régionale moyenne est très largement dépassée dans le Scot de l’aire gapençaise (multipliée par deux) et culmine même à 2.000 euros en moyenne dans le Grand Briançonnais. Pour ne rien arranger, dans la région, quatre ménages vulnérables sur cinq résident dans un logement construit avant les premières réglementations thermiques (1974). Les dépenses de chauffage affectent non seulement les ménages à bas revenus mais aussi les propriétaires de maisons à revenus moyens dans les Hautes-Alpes.