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Pierre Besnard

Rocade de Gap : « L’Etat en a marre du chantage », s’agace le préfet devant le BTP

Le préfet des Hautes-Alpes Pierre Besnard était invité à s’exprimer lors de la journée annuelle du BTP qui s’est tenue ce samedi, à Chorges. Evoquant l’enclavement partiel du département (le Sud étant plus facile d’accès), il s’est agacé de cette « schizophrénie » haut-alpine qui consiste à se battre pour voir un projet aboutir avant de le torpiller.

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L’A51 par exemple. « Sa non construction est mise sur le dos de l’Etat. Ce n’est pas le cas, rectifie le préfet. Un premier tracé avait été prévu (par Charance, NDLR), mais ne convenant pas, il avait été abandonné. Dans sa grande mansuétude, l’Etat avait élaboré un deuxième projet pour lequel tout le monde avait l’air d’accord… jusqu’au moment de la signature. Car l’autoroute allait passer par le champ d’un copain, etc… » Ce faisant, le représentant a cependant réécrit une partie de l’histoire puisque, si l’enquête publique sur le tronçon La Saulce-Col du Fau avait été suspendue la veille de son lancement, en 1997, c’est bien à l’initiative de l’Etat, au nom de l’accord de gouvernement passé avec Les Verts…

L’évocation de l’A51 a inévitablement conduit à aborder le sujet plus actuel qu’est la rocade de Gap, dont l’aboutissement est là encore mis en difficulté. « Ca commence à me courir sur le pistil, introduit Pierre Besnard qui n’y va jamais par quatre chemins. Les fonds sont débloqués, les travaux doivent démarrer au printemps », annonce-t-il, avant de dénoncer, sans la nommer, la pratique de la Ville de Gap qui souhaitait faire une plus-value sur la vente des terrains nécessaires à la construction de la rocade (en voulant négocier au prix du marché alors qu’elle les avait acquis moins chers en vue de la réalisation de la rocade). Et, fait nouveau, la demande de l’Asa du canal de Gap qui estime qu’elle devrait toucher 10.000€ par an sous prétexte que la rocade passe au-dessus de ses canalisations. « L’Etat en a marre du chantage. Il faut peut-être arrêter. Ce n’est pas un message subliminal », prévient le préfet. « Quand on veut lutter contre le désenclavement et que ce sont ceux qui vont en profiter qui nous mettent les bâtons dans les roues, ça devient agaçant. » Pour le préfet, ces agissements pourraient avoir pour conséquence soit d’arrêter le projet, soit d’en augmenter le prix.

Autant dire que le message a plu au président du BTP Stéphane Scarafagio : « Je ne peux pas vous faire une déclaration d’amour car la nature est ainsi faite… », a-t-il plaisanté. Et le préfet de répondre du tac-au-tac : « Jamais le premier soir ! »


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