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Stéphane Scarafagio, président de la fédération du BTP 05.Stéphane Scarafagio, président de la fédération du BTP 05.

Le message du BTP et de l’Etat aux collectivités : « Tous les indicateurs sont au vert pour investir »

11 Avr 2015 - 19:58

Une fois n’est pas coutume, le président du BTP 05 Stéphane Scarafagio n’a pas dégainé les chiffres lors de la journée annuelle du BTP qui se tenait ce samedi, au centre de vacances PROBTP des Hyvans, à Chorges. Mais il s’est donné pour mission de mettre autour de la table tous les acteurs de la construction pour réfléchir aux moyens de sortir le secteur de la crise. « La pénibilité, le coût du travail, la concurrence déloyale, le dumping social et économique, la loi Hamon, la fiscalité, la complexité des normes, les réformes des collectivités territoriales et de la formation, le record historiquement bas des constructions : voilà nos combats. Nous devons être partie prenante des réformes, adapter nos compétences à la transition énergétique car un monde qui ne se projette plus se meurt », a-t-il dit en introduction.

Tour à tour, sur scène, élus, représentants de l’Etat, des promoteurs immobiliers, des banques, des notaires, des architectes, des agents immobiliers, des économistes de la construction, de l’Addet, de l’industrie hôtelière ont dit leur enthousiasme de participer à ce sommet de la construction. « La seule réponse est collective », approuve Yvan Chaix, à la tête de l’agence départementale de développement économique et touristique, qui rappelle que le Département investit en 2015 entre 40 et 45M€ dont 70% profitent à des entreprises locales.

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Porter un projet à plusieurs, solliciter l’Europe, pour Chantal Eyméoud

Le BTP est fortement impacté par la frilosité des collectivités qui subissent la baisse de dotations de l’Etat. « Il faut faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour boucler les budgets », reconnaît le maire d’Embrun Chantal Eyméoud qui semble avoir trouvé la solution : porter les projets à plusieurs, soit avec les communes voisines, soit au sein d’une intercommunalité. « On va construire dans l’Embrunais un centre aquatique de 7,5M€, supporté par la communauté de communes. On travaille de manière plus étendue que la sphère communale car nous n’y arrivons pas. » Chantal Eyméoud sollicite aussi beaucoup les financements européens : « Il y a beaucoup à récupérer. La France est mauvaise élève. Au cours des quatre dernières années sur mon secteur, nous avons dépensé plus de 11M€ et récupéré 4,5M€ grâce aux fonds Feder et Feader. Il faut aller chercher ces fonds », exhorte l’élue.

Face aux dotations en baisse, le maire de Veynes René Moreau a pensé comme beaucoup d’autres élus qu’il fallait faire des économie sans attenter à la qualité de service. « Nous avons économisé 200.000€ sur un budget de 3M€. Nous suivrons cette démarche en 2016, en remettant les contrats en concurrence, en réorganisant les services. J’ai demandé une solidarité de la part de tous, du personnel, des associations dont les subventions ont été abaissées de 10%. Je ne voulais pas augmenter les impôts », admet M. Moreau pour qui « investir est une nécessité pour notre commune. C’est une aubaine que d’avoir un taux d’intérêt à 2% aujourd’hui ». « Les conditions n’ont jamais été aussi attractives mais la demande est timide », confirme Francis Terzean, directeur commercial adjoint du Crédit agricole et président du comité local des banques. Banques qui prêtent tout de même 800M€ par an dans le département.

« Quand on travaille ensemble, on baisse les dépenses de fonctionnement et on peut investir plus »

Pour le préfet Pierre Besnard, « il faut arrêter d’avoir peur. Les taux sont bas, tous les indicateurs sont au vert malgré la baisse des dotations ; il ne faut pas attendre pour investir ». Car le préfet le martèle : « La baisse des dotations est un problème si on laisse la structure telle quelle est. Quand on travaille ensemble, on baisse les dépenses de fonctionnement et on peut investir plus. » Rationnaliser, inciter les collectivités à fusionner, créer des intercommunalités « dignes de ce nom, de projets ». C’est le combat qu’il mène depuis qu’il a pris ses fonctions dans les Hautes-Alpes. « Je bois du petit lait ; je vous écoute avec délice M. le préfet. Les communes ont une posture trop figée par rapport à l’investissement », réagit Stéphane Scarafagio, incontestablement l’un des plus grands fans du préfet.

Le président de la fédération départementale de l’industrie hôtelière Marc Gueydon propose, lui, la création d’un observatoire foncier pour « avoir la maîtrise sur les constructions de demain. Il faut rénover l’existant et reprendre en main les lits froids. On est en perte de lits chauds ; des résidences et des hôtels ferment. On va avoir du mal à accueillir les touristes ». Le président de la chambre des notaires reconnaît que « l’immobilier vieillissant en station provoque le désintérêt des acquéreurs ». Pour Me Olivier Gonnet, il faut soit alléger les frais à l’acquisition ou à la revente, ou inciter à la rénovation (avantage fiscal).


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