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Laurant Davezies

Un département qui se porte bien, mais des inquiétudes selon Laurent Davezies

11 Avr 2015 - 23:49

La journée annuelle du BTP s’est achevée, ce samedi matin, par l’intervention d’un expert. Laurent Davezies, professeur au CNAM (conservatoire national des Arts et Métiers), a livré son expertise économique sur le département, qu’il connaît en tant que touriste, en particulier la vallée de la Clarée.

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Pour étayer son discours, il s’est basé sur des chiffres qui ont de quoi surprendre. « Vous vous êtes très bien portés pendant 25-30 ans : un solde migratoire très élevé depuis la fin des années 1980, un solde naturel pas désastreux, avec plus de population âgée mais autant de jeunes de moins de 20 ans que la moyenne, vous n’avez pas si mal supporté le choc de la crise. Entre 2007 et 2013, les Hautes-Alpes ont perdu 1% de l’emploi. Côté revenus, le niveau par habitant, de 1990 à 2001, a progressé comme la moyenne nationale. Sur la partie sociale, vous avez un taux de RSA très inférieur à la moyenne nationale. Vous n’êtes pas un territoire de collectivités pauvres. »

« Votre forte dépendance
au secteur public
en matière d’emploi est inquiétante »

Mais des inquiétudes se font jour, outre les emplois perdus dans le BTP, « votre forte dépendance au secteur public en matière d’emploi, avec 6 ou 7 points de plus qu’au niveau national. C’est inquiétant car si on ferme le robinet, ça aura un impact plus fort ici qu’ailleurs. » Les mannes financières touristiques se trouvent du côté du tourisme non marchand : « 46% des logements du département sont des résidences secondaires. Or leur prix s’effondre et il y a une désaffection pour cela. Votre département a un souci pour les années qui viennent ; cet apport de touristes a été fondamental pour le développement de votre emploi. Cette manne est confrontée à un vrai problème de repositionnement qui pose la question de la diversification. »

Ces résidences secondaires peuvent ainsi devenir principales avec des professionnels de haut niveau qui, grâce aux nouvelles technologies, viennent s’installer en montagne. Et puis ces retraités, certes modestes, mais qui, avec la féminisation du travail, disposent, quand ils sont mariés, d’une double retraite. Les retraités garantissent aussi de l’emploi. « Un retraité, c’est un touriste à plein temps d’une certaine façon », commente M. Davezies. L’économiste, expert des territoires, a analysé où habitaient les propriétaires de ces résidences secondaires. Sans surprise, beaucoup viennent de Marseille, beaucoup moins de Lyon. « Le désenclavement est absolument nécessaire pour aider ce département à assurer sa reconversion », estime-t-il. Des efforts doivent aussi porter sur la montée en gamme des modes d’hébergement selon lui, reprenant l’exemple de cet hôtel trois étoiles de Briançon ne possédant pas de climatisation. Et sur l’intégration de nouveaux concepts dont les étrangers, et notamment les Russes, sont très friands.


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