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La Meije

La Grave : trois cristalliers poursuivis pour avoir prélevé des centaines de kilos de minéraux

14 Avr 2015 - 18:16

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Ces cristalliers auraient prélevé plusieurs centaines de kilos de minéraux depuis 5 ans (photo Gendarmerie nationale).
Ces cristalliers auraient prélevé plusieurs centaines de kilos de minéraux depuis 5 ans (photo Gendarmerie nationale).

Trois cristalliers haut-alpins, âgés de 31 à 61 ans, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Gap pour vol de minéraux et dégradations du site inscrit de la Meije. A la suite d’une plainte du maire de La Grave, qui avait été alerté par un garde du parc national des Écrins et des employés des remontées mécaniques des glaciers de la Meije, une enquête a été ouverte par la gendarmerie. Selon l’élu, des individus se rendaient régulièrement au niveau de la langue inférieure du glacier de La Girose pour prélever des minéraux.

Trois hommes ont pu être confondus par les enquêteurs de la brigade de La Grave, qui se sont appuyés sur un plan de situation et des clichés photographiques effectués par le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) de Briançon. Les trois cristalliers ont été contrôlés à la descente du téléphérique, le 14 juin 2014.

Selon la gendarmerie, ces passionnés de cristaux auraient prélevé plusieurs centaines de kilos de minéraux sur ce site ces cinq dernières années. L’un d’entre eux participait aux bourses aux cristaux de Seyssins et de Bourg d’Oisans (Isère), et de Chamonix.

Convoqués devant le tribunal correctionnel de Gap le 2 juillet prochain, ils encourent cinq ans d’emprisonnement et 75.000€ d’amende.

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Des poursuites ponctuelles depuis plus de 20 ans

Pour être relativement rares, les poursuites visant des cristalliers ne sont pas nouvelles. En 1993, la Cour de cassation a ainsi confirmé une peine de 2.000 francs d’amende pour « dégradation de site classé » infligée à chaque membre d’un groupe de cristalliers, qui avait extrait une tonne de cristaux dans le massif du Mont-Blanc. En 1994, deux cristalliers qui avaient stocké 180 kilos de dynamite sur leur balcon, dans un quartier HLM de Grenoble, avaient été condamnés à un an de prison avec sursis et à des amendes. Les artificiers avaient dû évacuer le quartier pour enlever l’explosif. En 2005, les gendarmes avaient mis fin à l’activité de trois cristalliers de l’Oisans qui extrayaient illégalement, depuis une vingtaine d’années, des cristaux de roche dans d’anciennes mines de l’Oisans et du Vercors. Plusieurs tonnes de quartz avaient été saisies. L’affaire s’était cependant soldée par un non-lieu.

Les cristaux les plus recherchés peuvent se vendre plusieurs milliers d’euros dans le cercle des collectionneurs. En 2007, la vente au Muséum d’histoire naturelle de Paris d’une fluorite enchâssée de quartz fumés de 5 kg, découverte par un cristallier parisien dans le Mont-Blanc, avait atteint la somme record de 250.000 euros.


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