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Ventavon

Ventavon : un guide de haute montagne dénonce un « geste criminel » de grimpeurs

16 Avr 2015 - 22:21

Laurent Girousse, guide de haute montagne à Sigoyer, a laissé éclater sa colère sur son blog, ce jeudi. Sa mésaventure, qui aurait pu se révéler tragique, justifie son courroux.

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Le professionnel raconte qu’il était allé grimper en novembre dernier à Ventavon, où il n’était pas retourner depuis 15 ans. « Le rocher est beau, le lieu sublime mais l’équipement est d’un autre âge », écrit-il. « Je me dis qu’il est vraiment dommage de laisser ça comme ça car les voies sont belles et qu’un petit relooking leur ferait le plus grand bien. » Il décide donc de laisser sa corde en place dans une des lignes, « Le cas Briolais » (n° 6 sur la photo ci-dessus), et de revenir nettoyer et rééquiper quelques voies.

Laurent Girousse a reconstitué le relais tel qu'il l'avait laissé, avec deux mousquetons, et tel qu'il l'a trouvé, lors d'une ascension qui aurait pu être fatale.
Laurent Girousse a reconstitué le relais tel qu’il l’avait laissé, avec deux mousquetons, et tel qu’il l’a trouvé, lors d’une ascension qui aurait pu être fatale.

En mars, il revient sur place. Il voit la bobine de corde en haut du relais, personne n’y a apparemment touché. Il commence à grimper sans problème jusqu’ea. « Au moment de me pendre de tout mon poids sur la corde qui va m’amener au relais, un doute m’envahit », témoigne-t-il. « Lorsque j’ai avalé tout le mou de la corde, la sensation lorsque je me suis mis en poids sur la sellette n’a pas été bonne. Je secoue la corde… Rien. Je tire… Rien. Une chose est sûre, je doute. Plutôt que de me balancer de tout mon poids (ce que j’aurais dû faire et ce que j’allais faire), je préfère grimper jusqu’au relais. Arrivé au relais, je m’accroche rapidement avec un mousqueton et ma stupeur est aussi grande que ma colère. Les deux mousquetons ont été volés et la corde a été passée derrière la chaîne. La bobine est défaite et la corde tient simplement par friction grâce au poids et aux frottements sur la chaîne. »

Pour Laurent Girousse, « ce geste est tout simplement criminel. Que l’on me pique les mousquetons, passe encore… mais ne pas rattacher la corde ou la jeter est tout simplement criminel ! J’aurais tout simplement pu mourir ! L’accès par le haut étant impossible, ce ne peut être qu’un grimpeur… Il est donc impossible de faire confiance en falaise aujourd’hui? »

Malgré cette sérieuse mésaventure, le guide de Sigoyer n’a pas abandonné son projet. Il a rééquipé et donné un coup de jeune à cinq voies et ouvert une nouvelle dans cette falaise de Ventavon…