Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Tribunal (3)

Serres/Laragne : quatre mois ferme pour la mère qui voulait emmener sa fille en Russie

Vêtue d’un survêtement, elle paraît fatiguée dans le box des détenus. Elle ne manque pourtant pas d’assurance lorsque la présidente Isabelle Defarge l’interroge sur les raisons qui l’ont poussée à tenter d’enlever sa propre fille, le mois dernier, afin de l’emmener avec elle en Russie, son pays natal. « Je ne me sens pas protégée par la justice », lance Maria Tchernetskaia, bientôt 40 ans. « Mes droits parentaux se réduisent, c’est très difficile. Je voulais offrir une nouvelle vie à mon enfant. Qu’est-ce qui prouve que je ne peux pas faire face à son éducation? On est dans un pays de droit, comment se fait-il que je n’arrive pas à comprendre ce droit? Pour moi, c’était une façon de dire les choses. »

[sam_ad id= »17″ codes= »true »]

Le 15 mars dernier, cette habitante de Serres a disparu avec sa fille de 8 ans. Après avoir erré entre Marseille et Nice, dormi dans les gares et demandé l’aumône, la mère a été interpellée par la police aux frontières à l’aéroport de Nice où elle voulait réserver un vol pour la Russie. La fille a été ramenée à son père, demeurant à Laragne-Montéglin, qui avait donné l’alerte, et la mère a été incarcérée.

Il faut dire que, depuis la séparation du couple, en 2009, les relations n’ont jamais été simples. La mère a même dénoncé des faits d’attouchements sexuels, avant que sa fille n’avoue qu’il s’agissait de fausses accusations… L’été dernier, à deux reprises, Maria Tchernetskaia a également refusé de confier sa fille à son père, malgré son droit de visite et d’hébergement… et la condamnation de la mère, en juin 2014, pour non-représentation d’enfant (condamnation confirmée en appel, mais elle s’est pourvue en cassation).

« C’est une mère qui aime sa fille mais qui lui fait du mal depuis plusieurs années »

« Ca suffit », s’exclame Me Anselmetti, conseil du père, partie civile. « C’est une mère qui ne respecte pas les décisions du juge parce qu’elles ne lui conviennent pas. Elle était partie pour emmener cette enfant en Russie et ne pas la ramener. »

« C’est une mère qui aime sa fille mais qui lui fait du mal depuis plusieurs années et qui ne l’écoute pas », estime le procureur Sandra Reymond. « Elle cherche des prétextes pour empêcher sa fille de voir son père alors que, depuis 2011, celui-ci s’accroche et ne baisse pas les bras. Elle avait prévu son coup depuis décembre. Elle avait même impliqué son premier enfant pour qu’il donne une fausse piste. Son plan n’a pas pu réussir grâce à la mobilisation des gendarmes qui ont travaillé jour et nuit car nous étions très inquiets. » Le ministère public requiert deux mois de prison pour les premiers faits de l’été dernier, et six mois pour ceux du mois dernier.

Me Bruno Rebstock, du barreau d’Aix-en-Provence, met quant à lui l’accent sur le contexte des relations antagonistes de sa cliente avec le père de sa fille, qui « ne payait pas la pension alimentaire », alors que « tout se passe bien avec le père de son premier enfant ».

Le tribunal correctionnel condamne Maria Tchernetskaia à quatre mois d’emprisonnement et prononce son maintien en détention.


+ Sur le même sujet...