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Délégation Loup

Loup : une délégation d’élus et d’éleveurs des Alpes du Sud reçue par Ségolène Royal

Une délégation d’élus et d’éleveurs des Alpes du Sud, conduite par le député-maire de Nice, Christian Estrosi, a été reçue, ce mercredi après-midi, par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, au sujet du loup. Le maire de Pelleautier, Christian Hubaud, conseiller départemental délégué à l’agriculture, faisait partie de la délégation. Le président du Groupe national Loup, Christophe Castaner, député-maire de Forcalquier, était également présent, à l’invitation de Mme Royal.

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« Après avoir fait un point de la situation difficile dans laquelle se trouve l’ensemble des éleveurs de notre région, nous avons formulé collectivement quatre propositions concrètes pour réguler fortement le loup dont les attaques ont plus que doublé en 5 ans dans nos départements, et dont le coût de gestion est totalement déraisonnable et représente 14,75 millions d’euros par an à l’échelle nationale », indique la délégation dans un communiqué. « Notre région concentre aujourd’hui 70% des attaques de loup recensées à l’échelle nationale, et plus de 6000 animaux d’élevage victimes en 2014. Le problème s’envenime car le loup, sans prédateur, prolifère de 20% par an. »

M. Hubaud précise que la délégation a demandé des « réponses rapides » sur quatre « propositions concrètes » : « L’autorisation de faire des tirs de défense dans tous les parcs nationaux, comme cela a été autorisé dans le Parc des Cévennes dans lequel les attaques du loup sont moins nombreuses qu’ailleurs ; revoir la convention de Berne afin d’introduire, comme l’Espagne l’a fait, des réserves et de descendre d’un cran dans la protection du loup ; autoriser l’utilisation de chiens créancés pour organiser efficacement la régulation ; autoriser les tirs à l’approche ou à l’affût au-delà des battues. »

« Les éleveurs présents ont fait part de leur profonde inquiétude », observe Christophe Castaner. « J’ai tenu à rappeler la difficulté existante au sein des parcs nationaux, comme dans celui du Mercantour, où l’utilisation d’armes à feu est aujourd’hui interdite. La ministre envisage une expérimentation dérogatoire au sein du parc des Cévennes. Nous avons demandé à ce que celle-ci ait lieu aussi dans le parc du Mercantour. »

La bataille des régionales en point de mire

La politique politicienne n’est cependant jamais loin, a fortiori lorsque deux des principaux candidats à la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur sont réunis dans la même pièce… Christian Estrosi indique ainsi que les éleveurs « ont légitiment refusé à l’unanimité la proposition faite par M. Castaner, qui siège au groupe national du loup et qui ne leur proposait comme réponse qu’une seule mesure : renforcer le taux d’indemnisation des éleveurs sur les mesures de protection. Cela ne suffit pas. » Christophe Castaner précise pour sa part qu’il a pu « rappeler à cette occasion l’importance d’un travail en commun (au sein du Groupe national Loup, NDLR), au-delà des clivages politiques, sur ce sujet afin d’éviter que certains tentent de récupérer politiquement une situation née de la conséquence de 10 ans d’inaction face à ce problème ».

Les pro-Loup s’étonnent que la ministre refuse de les recevoir

De leur côté, le collectif CAP Loup s’étonne « qu’une ministre de l’Ecologie accueille à bras ouvert les anti-loups dès qu’ils le demandent, et ne veuille pas recevoir les associations de protection de la nature : voilà comment est traité le loup en France. Nous ne baissons pas les bras et continuons à demander un rendez-vous avec Ségolène Royal. Notre pétition a recueilli 65.000 signatures. Nous devons être encore plus nombreux à signer, car les défenseurs des loups, bien que manifestement méprisés par la ministre, sont largement majoritaires en France. »


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