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Tunnel du Chambon

Tunnel du Chambon : la route Grenoble-Briançon ne rouvrira pas avant le 10 juillet

Une mauvaise nouvelle est tombée ce lundi pour les habitants du nord des Hautes-Alpes. La RD 1091, fermée depuis le 10 avril en raison d’un risque d’effondrement du tunnel du Chambon, ne rouvrira pas avant le 10 juillet. Jusqu’ici, le Département de l’Isère espérait pouvoir rétablir la circulation sur l’axe Grenoble-Briançon à partir du 15 juin.

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Un coffrage de 12 m va être ripé à l'intérieur du tunnel par un camion à vérin depuis son entrée côté Bourg-d'Oisans.
Un coffrage de 12 m va être ripé à l’intérieur du tunnel par un camion à vérin depuis son entrée côté Bourg-d’Oisans.

« Un grave accident géologique a obligé le changement de la méthode de travail escomptée », indiquent les municipalités de La Grave et de Villar d’Arène au terme d’une réunion de travail qui s’est déroulée en début d’après-midi à Bourg-d’Oisans. « La solution nouvellement mise en oeuvre est celle d’une voûte reconstruite sous la voûte. La zone de désordres géologiques est une zone d’arrachement morcelée et qui glisse. » Afin d’essayer de minimiser l’érosion en cours, la déviation des égouts du hameau des Aymes vers une autre combe est en cours.

Reste que des écailles de la voûte de 1 à 2 m² sont tombées les 16 et 21 avril et que la voûte du tunnel du Chambon est disloquée. Dans un premier temps, l’entreprise retenue par le Département de l’Isère a utilisé du béton projeté, qui ne tient pas en raison de la profondeur de la faille. D’où la décision de mettre en oeuvre une nouvelle technique. Un coffrage de 12 mètres de long est en cours de réalisation afin d’effectuer le coulage par dessus le coffre et de l’ancrer par des micropieux. Le coffrage sera réutilisé une seconde fois, puisque la zone de désordre atteint 24 mètres dans le tunnel.

Itinéraire alternatifUn tracé alternatif est à l’étude en rive gauche de la Romanche. Le Département de l’Isère a pris l’engagement d’étudier la faisabilité et de finaliser le chiffrage d’ici 15 jours. Cette route de 5300 m nécessiterait la création d’une piste de 400 m sur un éperon rocheux. « Ce n’est pas une solution pouvant être mise en oeuvre à court terme », indiquent les services de l’Isère.

« Nous comprenons l’exaspération »

Marcel Cannat, vice-président du conseil départemental des Hautes-Alpes en charge des routes, et Arnaud Murgia, conseiller départemental de Briançon 1, ont participé à cette réunion, avec le directeur des routes des Hautes-Alpes. L’ambiance était tendue, avec la présence de plusieurs dizaines d’habitants de la Haute-Romanche, directement affectés par la fermeture de la RD 1091 depuis un mois. « Nous comprenons cette exaspération », indique Marcel Cannat. « Nous avons demandé au Département de l’Isère de raccourcir les délais au maximum, mais il faut tenir compte des contraintes techniques et de la sécurité. Le président Jean-Marie Bernard va aller rencontrer les habitants de La Grave et de Villar d’Arène dans les prochains jours pour voir comment les aider au mieux. »

Le Département est ainsi en train d’étudier une solution juridico-administrative pour indemniser les familles de Bourg-d’Oisans qui hébergent des collégiens des Hautes-Alpes, l’internat du collège (pris en charge par l’Isère dans le cadre de cette situation) étant insuffisant pour faire face aux besoins. « Il y a une dizaine d’enfants qui sont logés par des familles, il nous faut trouver la bonne astuce pour pouvoir les indemniser. » Pour Marcel Cannat, « il faudrait vraiment que l’Etat nous aide ». Mais, pour l’heure, Ségolène Royal n’a pas encore donné suite aux sollicitations transpartisanes des élus haut-alpins.

Parallèlement, les équipes techniques des Hautes-Alpes et de la Savoie s’efforcent de réduire le délai pour la réouverture du col du Galibier, prévue normalement le 28 mai. « Mais rien n’est joué », prévient M. Cannat. « Nous avons mis tous nos engins, mais c’est très avalancheux, et le nivologue ne nous permet pas de travailler au-delà de 11 heures du matin. De son côté, la Savoie a un engin de moins par rapport à l’hiver dernier, car Valloire, qui en mettait un à disposition du Département, ne le fait plus cette année. Le premier des deux départements qui sera arrivé au tunnel aidera l’autre. » Le vice-président du Département chargé des routes rappelle, au passage, que le coût du déneigement des grands cols atteint 90.000€, dont la moitié pour le seul Galibier.

(Photo Département de l’Isère)


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