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Tunnel du Chambon

RD 1091 : les Hautes-Alpes demandent un plan à l’Etat pour sécuriser les tunnels

Le conseil départemental des Hautes-Alpes a adopté une motion à l’unanimité, ce mardi, pour demander à l’Etat de financer à 80% un plan pluriannuel d’investissement pour la RD 1091 (axe Grenoble-Briançon) et notamment pour la remise à niveau de ses quatre tunnels de plus de 300 mètres. « Ou à défaut de réintégrer l’ex-RN 91 dans son domaine public routier », indique le texte. La motion fait suite à la fermeture de la RD 1091, le 10 avril dernier, en raison du risque d’effondrement du tunnel du Grand Chambon. Elle ne rouvrira pas avant le 10 juillet, provoquant de vives tensions dans la Haute-Romanche et le Briançonnais, à la fois pour la population, contrainte d’emprunter le Galibier (rouvert depuis peu), le tunnel du Fréjus, de faire un long détour par Gap ou d’avoir recours à des navettes lacustres sur le lac du Chambon, pour rejoindre l’Isère. De nombreuses entreprises sont en difficultés, faute de passage. Et les 37 collégiens de La Grave et Villar d’Arène, scolarisés à Bourg-d’Oisans, sont devenus internes, parfois hébergés par des familles, faute de place suffisante au collège. Le Département a décidé de prendre en charge leurs frais de pension à hauteur d’environ 8200€.

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Dans sa motion, le conseil départemental rappelle que cet axe a été transféré par l’Etat au Département au 1er janvier 2006. Et que, avant ce transfert, les trois tunnels de plus de 300 mètres situés sur la RD 1091 dans les Hautes-Alpes n’avaient pas été mis aux normes que l’Etat a lui-même fixées à la suite de l’incendie du tunnel du Mont-Blanc. Qui plus est, malgré les demandes du Département en juin 2014, la modernisation de cet axe n’a pas été intégrée au futur contrat de plan Etat-Région (CPER), en voie de signature.

Querelle de mots

L’adoption de cette motion a donné lieu à un bref débat, qui a surtout tourné à un affrontement feutré entre Arnaud Murgia (UMP) et Gérard Fromm (PS). Le texte initial proposé par la majorité demandait en effet que les investissements nécessaires à la sécurisation de la RD 1091 soient intégrés au CPER. « Demander un tel niveau d’investissement alors que les négociations sont terminées est illusoire », estime le maire de Briançon, favorable à demander à ce que l’axe redevienne une nationale. « En revanche, demander un plan spécifique avec l’Etat sur les dix prochaines années me semble indispensable. » Pour M. Murgia, « l’enjeu, c’est le CPER. Il est illusoire de demander à l’Etat de reprendre la voie, alors que nous pouvons voir qu’il y a vraiment un abandon de la part de l’Etat. Ce ne serait qu’un voeu pieux. » Marc Viossat relativise : « On sait très bien ce que valent les motions. » M. Fromm acquiesce : « Les motions, ce sont des postures. Il faut des actes et des pressions. On peut faire des gesticulations mais les négociations pour le CPER sont bouclées. Il est indispensable de faire front ensemble. L’Etat a fait à ce moment-là (lors du transfert, NDLR) des choses inacceptables. »

Marcel Cannat, vice-président chargé des routes, souhaite quant à lui qu’on ne s’en tienne pas aux tunnels mais plus globalement à la sécurisation de l’axe, en tenant compte des falaises. Et considère que « 20% pour nous, c’est encore beaucoup », sachant que les estimations sur la mise aux normes des trois tunnels se chiffrent à 24 millions d’euros. Patricia Vincent (opposition) recommande de « ne pas en faire une affaire politicienne ».

Et c’est finalement le président Jean-Marie Bernard qui va obtenir le consensus : « Demandons un plan pluriannuel, ce qu’est aussi le contrat de plan. » Les 30 conseillers départementaux ont voté pour.

(Photo : les travaux dans le tunnel du Chambon, où un coffrage est en cours de montage pour pouvoir réaliser un contre-voûte – photo Département de l’Isère)


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