Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Silvio Paradiso

Inédit à Gap : ce week-end, Silvio Paradiso réalisera un tableau éphémère au sol

28 Mai 2015 - 23:21
L'artiste dans son atelier gapençais, en train de peindre une commande.
L’artiste dans son atelier gapençais, en train de peindre une commande.

Si la scène est monnaie courante en Italie, elle l’est beaucoup moins en France, et même inédite à Gap. Vendredi et samedi, la place Jean-Marcellin va se transformer en œuvre d’art sous la craie du madonnaro (peintre de rue) Silvio Paradiso qui participe cette année au festival des arts de la rue « Tous dehors (enfin) ! ».

Le peintre italien originaire de Bari dans les Pouilles dessinera sous les yeux du public une reproduction de la célèbre toile du Caravage « Le joueur de luth ». Deux jours seront nécessaires pour réaliser cette œuvre éphémère de 3 mètres X 2 mètres. Silvio a volontairement choisi un sujet profane, et non sacré comme le veut la tradition du madonnaro, issu de « Madonna » (Vierge en italien). « J’ai pensé qu’un sujet jouant de la musique se prêtait mieux au thème des arts de la rue », justifie-t-il. Quant au choix du peintre à reproduire, il s’est imposé à lui. « C’est ma manière de rendre hommage au Caravage, mon préféré », glisse-t-il de son accent chantant.

[sam_ad id= »17″ codes= »true »]

L’Italien a commencé la peinture de rue il y a 13 ans, après des années de pratique de la toile, muni de sa boîte de craies et de son chapeau pour récolter quelques pièces. « C’est plus simple au sol, avoue-t-il, les imperfections se voient moins. A vrai dire, au sol, c’est plus la performance que le résultat qui compte. La preuve, une fois l’œuvre finie, les gens regardent mais ne s’arrêtent pas. » Alors que le public se laisse facilement captiver lors de la réalisation. « Avec la craie, le processus est plus rapide et donc plus agréable à observer. Quand tu regardes quelqu’un peindre un tableau, tu t’ennuies car c’est très lent. » Les enfants apprécient particulièrement le spectacle et s’interrogent beaucoup au sujet du caractère éphémère de la reproduction. « Savoir que demain le dessin sera effacé participe aussi de la fascination du public. »

Pour une fois, Silvio ne sera pas chassé, voire embarqué par la police, comme ça a déjà été le cas dans plusieurs pays… « Une fois, on m’a même donné un seau et un balai pour nettoyer ! », s’amuse-t-il. « En France, pratiquer la peinture de rue est impossible sans autorisation. En Italie, c’est plus souple car c’est une tradition dans le Sud lors des fêtes patronales. »

Bientôt à La Grange et à la galerie de l’hôtel de ville

L'Italien peint beaucoup de paysages.
L’Italien peint beaucoup de paysages.

En dehors de la peinture de rue, l’artiste désormais installé à Gap s’adonne à la peinture sur toile, réalise des huiles, des aquarelles, des œuvres murales, réalistes comme abstraites, répond à des commandes. Dans son portfolio, les paysages haut-alpins figurent en bonne place et ont déjà été exposés à Savines-le-Lac. Silvio exposera à Gap au mois d’août à La Grange, et en décembre à la galerie de l’hôtel de ville. Avant cela, ses tableaux occuperont la galerie grenobloise More art tea dès le 27 juin pour un mois.

Pour avoir un aperçu de l’étendue du talent de Silvio Paradiso, rendez-vous ce vendredi dès 10 heures place Jean-Marcellin et samedi. La garantie d’une performance spectaculaire et trop rare pour être manquée.

Pour en savoir plus : www.silvioparadisoartista.com. Pour le joindre et pourquoi pas visiter son atelier : spartista74@gmail.com
Toute la programmation du festival « Tous dehors (enfin) ! » en cliquant ici.


+ Sur le même sujet...