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Mission irrigation (2)

Joël Giraud étudie comment concilier loi sur l’eau et agriculture de montagne

Après avoir parcouru les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales et avant de se rendre en Corse, Joël Giraud fait une étape sur ses terres haut-alpines, ces jeudi et vendredi, pour se pencher sur l’épineux problème de l’irrigation. En mars dernier, le député des Hautes-Alpes a en effet été chargé d’une mission par le Premier ministre Manuel Valls, aux termes de laquelle il doit formuler « des propositions pour mieux concilier la préservation des ressources en eau et le maintien d’une agriculture montagnarde ». Assisté de deux ingénieurs généraux, Roland Renoult (Agriculture) et Etienne Lefebvre (Ecologie), et du directeur général de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, Martin Guespereau, il a effectué des visites sur le terrain (un verger de Laragne-Montéglin, les fontaines de Saint-Maurice-en-Valgaudemar et les canaux de Pont de Cervières) et rencontré plusieurs acteurs haut-alpins de l’agriculture et des associations d’irrigation.

« Il faut voir comment les spécificités des territoires de montagne peuvent être prises en compte », observe Joël Giraud. Il cite notamment les conséquences d’un glissement de terrain à Châteauroux-les-Alpes « car les canaux ne sont plus entretenus » rendant « invendable » le bâtiment de l’UCPA directement concerné. Ou le problème de la redevance imposée par l’agence de l’eau aux communes du Valgaudemar pour leurs fontaines publiques, « qui est plus élevée que le produit de la collecte du prix de l’eau et qui représente le tiers de la dotation globale de fonctionnement de ces communes ». Et bien sûr l’irrigation du Buëch, avec les difficultés posées par les débits réservés.

Le directeur général de l’agence de l’eau a des idées bien arrêtées sur la question : « Je stigmatise les moments où on a perdu le contrôle de l’eau », déclare Martin Guespereau. « Il faut la rendre à son juste usage car, en période de sécheresse, tout le monde sera en souffrance. Pour la Durance, on est sur un château d’eau, mais il y a un déficit important en moyenne Durance. Quelques ASA ont fait de gros investissements. La microaspersion permet de diminuer la consommation d’eau par 10 pour l’irrigation. 70 millions de m3 ont été économisés, soit l’équivalent de la consommation d’une ville d’un million d’habitants, grâce à des mesures massives et peu coûteuses. Les économies coûtent environ 2€ par m3 là où, pour des solutions de stockage, c’est plutôt de l’ordre de 20€ par m3. »

Irrigation du Buëch : « La création d’un réservoir n’est pas un gros mot, mais il faudra d’abord réduire la consommation », estime le directeur de l’agence de l’eau

S’agissant du Buëch, « je ne vois pas comment on échapperait au stockage d’eau, même si cela n’est généralement pas bien vu par les services de l’Etat », relève Joël Giraud. « A un moment donné, on ne pourra pas assécher le Buëch pour arroser les arbres… D’ici 5 à 10 ans, il faudra trouver des solutions. » Pour Martin Guespereau, « ce sera un bouquet de solutions. Il n’y a pas une solution miracle. Il faut vraiment réduire la consommation. Mais sur un territoire tendu comme celui-là, la création d’un réservoir n’est pas un gros mot. Après, il y aura la question de son dimensionnement et de la sécurisation de l’alimentation. On peut faire remonter un peu d’eau de la Durance, mais on ne peut pas la remonter jusqu’au Haut-Buëch! »

(Notre photo, de gauche à droite : Roland Renoult, Joël Giraud, Etienne Lefebvre et Martin Guespereau, directeur général de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse)


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