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Chambon : quelles conséquences, quelles réponses techniques et financières?

9 Juin 2015 - 22:27

La fermeture du tunnel du Chambon depuis le 10 avril dernier a des conséquences désastreuses pour les entreprises du nord du département. Le tout nouvel ex-président de la CCI Jérôme Jarniac a livré des données chiffrées pour étayer les faits, ce mardi soir, à la veille d’une réunion au Monêtier-les-Bains (ce mercredi à 16h, à la salle du Dôme) avec les victimes collatérales de cette fermeture pour leur détailler les dispositifs d’urgence mis en place.

Des conséquences économiques chiffrées

Premier constat : La Grave a perdu entre 80 et 90% du trafic routier, passant de 3000 à 200 véhicules par jour, et 50% au Monêtier-les-Bains. « On peut imaginer que la perte en chiffre d’affaires est équivalente pour nos ressortissants », lâche M. Jarniac.

48% des entreprises à La Grave sont en difficulté, 21% à Villar d’Arêne, 16% au Monêtier, 4% à Saint-Chaffrey, 2% à La Salle-les-Alpes et 7% à Briançon. Parmi ces entreprises en difficulté, 32% sont des hébergeurs, 30% des commerçants traditionnels, 13% des restaurateurs, 7% des industries. « Les industries ont réussi à s’organiser mais cette fermeture représente un surcoût important en matière de transport. »

66% des entreprises en difficulté sont ouvertes à l’année, 75% ont plus de 3 ans, 11% ont moins de 3 ans et « sont particulièrement fragiles car elles n’ont pas de trésorerie. Il faut bien les accompagner. Le produit BPI France (Banque publique d’investissement) est idéal pour elles. Demain, on va solliciter les banques pour qu’elles interviennent rapidement. Ce qui est inquiétant, c’est que, comme à chaque fois, les entreprises attendent trop pour trouver des solutions. Il faut anticiper », exhorte Jérôme Jarniac.

Parmi les difficultés énoncées, 93% des entreprises souffrent d’une perte de fréquentation, 67% pâtissent en termes de cotisations fiscales et sociales, 51% de surcoûts et charges, 100% dénoncent un impact direct sur leur trésorerie et 44% sur la gestion des ressources humaines.

Le préfet des Hautes-Alpes Pierre Besnard a souhaité faire une mise au point, agacé par « les diseux qui devraient moins parler et plus agir ». « Les faiseux, c’est bien nous, rectifie-t-il. La cellule économique a quasiment été montée le lendemain. Notre priorité, c’est l’économie. La Banque de France, la DGFiP, l’Urssaf… tout le monde a joué le jeu. La CCI a pris en charge tous les aspects économiques. L’Etat a joué son rôle depuis le début et le monde économique s’est mobilisé dans la seconde. »

A court terme, des dispositifs techniques et financiers

La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur devrait mettre un « fonds collectif et individuel » pour venir en aide aux entreprises directement touchées par la fermeture du tunnel du Chambon et de la RD 1091. L’annonce en a été faite ce mardi après-midi par Bernard Morel, vice-président de la Région en charge du développement économique, qui visitait trois entreprises de Veynes, à l’invitation de Christine Nivou, conseillère régionale. Le président du Conseil départemental, Jean-Marie Bernard, qui était également présent en tant que président de la communauté de communes Buëch-Dévoluy, s’est félicité de « la belle réactivité de la Région » et a annoncé que le Département apporterait sa contribution à ce dispositif.

Le principe de ce dispositif devrait être soumis au conseil régional lors de sa session du 26 juin. « Il fallait faire vite, car c’est l’avant-dernière session de la mandature », explique M. Morel. « Nous regardons cela de très près depuis deux jours, après avoir été saisis par une lettre du président du Département au président Vauzelle, et par des interventions de Christine Nivou, Christophe Pierrel et Joël Giraud. » Le vice-président de la Région précise que ce fonds pourrait être géré par la CCI, sachant que « c’est un peu compliqué à monter pour les entreprises ». De plus, « il faudra que les entreprises établissent le lien entre leur situation financière et la fermeture du tunnel ».

Pour ce qui relève des travaux, des opérations de minage sont engagées en ce moment pour dégager les rochers avant de procéder au coffrage de la nouvelle voûte du tunnel. « Cela n’aura pas d’incidence sur la durée des travaux, insiste M. Besnard. Ce qui posera problème, c’est l’accélération de la descente; ça bouge de plus de 2 cm par jour. » Précisant que l’attente est très longue aux heures de pointe, le préfet annonce qu’un Zodiac semi-rigide très rapide de 12 places, conduit par des agents du conseil départemental de l’Isère, effectuera sept allers-retours par heure.

Quant au projet de pont flottant, des militaires du Génie se sont rendu sur place ce mardi et des ingénieurs civils (Commission nationale des ponts de secours) vont donner leurs premières conclusions dès ce mercredi. Mais se profilent déjà plusieurs problèmes : baisser le niveau du lac pour installer un pont moins long se heurterait à la fois à un problème de vase et de coût pour EDF.

A long terme, une étude d’anticipation

Le préfet de Région Michel Cadot, qui s’était déplacé à Gap pour l’occasion, a exprimé son souhait, en accord avec son homologue de Rhône-Alpes, de financer une étude commune pour déterminer les besoins de travaux de sécurisation sur les ouvrages existants, afin d’anticiper. « Je serais prêt à la financer à hauteur de 200.000 ou 300.000€. Ensuite, il y aura des financements de travaux à prévoir. » Il a rappelé que le contrat de plan Etat-Région Provence-Alpes-Côte d’Azur prévoyait 8 millions d’euros pour les mesures de protection contre les risques naturels en particulier sur les itinéraires alpins.


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