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Tribunal (3)

Double meurtre « du lac du Sautet » : les deux Gapençais ont-ils été tués pour une dette?

Le procès de Bernard Blanc, 62 ans, et de Laurent Tedeschi, 36 ans, s’est ouvert ce lundi après-midi devant la cour d’assises des Hautes-Alpes. Le premier est accusé d’être l’auteur d’un double meurtre, qu’il aurait commis dans la nuit du 13 au 14 décembre 2011 devant sa ferme de Villar Mouren, à Saint-Julien-en-Champsaur, et le second de l’avoir aidé à faire disparaître les deux corps. La disparition d’Amar Zidi, 33 ans, et de Najoua Nemri, 28 ans, deux amis d’enfance de Gap, consommateurs de cocaïne, avait été signalée à la police le 17 décembre 2011. Un mois plus tard, leurs corps étaient découverts dans une voiture immergée dans le lac du Sautet. Amar Zidi avait été abattu de deux balles, Najoua Nemri d’une balle.

Les soupçons des proches des victimes se sont très vite portés sur Bernard Blanc. Cet homme, interpellé quelques mois plus tard au péage de Voreppe en possession de 495 g de cocaïne, 3 kg de résine de cannabis, d’espèces et d’une arme de poing, est présenté par les proches d’Amar Zidi et de Najoua Nemri comme leur fournisseur de cocaïne. Deux d’entre eux l’ont répété à la barre de la cour d’assises ce lundi : « Amar m’avait dit qu’il avait des soucis avec Bernard (Blanc) », dit l’un de ses amis, qui avait passé cette dernière soirée -arrosée- avec les deux victimes. Lors de son audition par les gendarmes, il avait évoqué une dette de 8000€ d’Amar Zidi envers Blanc. « Amar s’en fichait », soutient-il pourtant. « Ce n’était pas quelqu’un de très inquiet dans la vie. » Un autre ami abonde dans ce sens : « Bernard le fournissait en cocaïne. Au bout de six ou huit mois, il y a eu des tensions à cause des dettes qu’il avait. Mais Amar ne craignait pas du tout M. Blanc. » Quant à Najoua Nemri, elle aurait eu une dette de 15.000€ envers l’accusé. Reste que les témoins eux-mêmes ne sont pas des oies blanches, affichant souvent des condamnations pour trafic de stupéfiants…

Dans le box, Bernard Blanc reste silencieux. Tout au long de la procédure, il a nié toute implication dans ce double homicide, mettant en avant sa proximité avec la famille Nemri et avec Najoua -avec laquelle il aurait eu une liaison selon certains témoins. « Je n’aurais jamais pu m’en prendre à Najoua », a-t-il dit aux enquêteurs. Ce sont en fait des écoutes téléphoniques, consécutives à l’interpellation du sexagénaire champsaurin pour trafic de stupéfiants, qui ont permis de faire parler un témoin embarrassant. Cette jeune femme évoquait en effet au téléphone une « petite soirée où il s’était passé quelque chose » que trois personnes seulement savaient. Elle finissait par indiquer aux gendarmes avoir été présente le 13 décembre au soir et avoir entendu trois coups de feu. Avant de préciser qu’elle avait vu les deux victimes avec Bernard Blanc. Puis Laurent Tesdeschi aider ce dernier à pousser la voiture des victimes vers un garage. Blanc nie les faits, accusant le témoin d’être « une fille malade et dépressive ».

La cour d’assises continuera d’examiner les faits pendant toute la journée. Le verdict est attendu vendredi.


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