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Meurtre

Double meurtre du Sautet : Najoua Nemri avait eu une liaison avec l’accusé

Bernard Blanc, 62 ans, accusé du double meurtre du lac du Sautet, dont il conteste être l’auteur, avait entretenu une liaison amoureuse avec Najoua Nemri, 28 ans, l’une des deux victimes. Le fils de Bernard Blanc et son neveu l’ont confirmé, ce mardi matin, à la barre de la cour d’assises des Hautes-Alpes, qui juge l’affaire jusqu’à vendredi.

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L’avocat général, Raphaël Balland, a interrogé Frédéric Blanc pour savoir s’il avait parlé de la mort de la jeune femme avec son père. Mais, devant les « trous de mémoire » du fils de l’accusé, à l’instar de bien d’autres témoins dans cette affaire, le représentant du ministère public a dû lui rafraîchir la mémoire. Non sans souligner que, « la vérité, dans ce dossier, ça va être difficile »…
– « Vous aviez indiqué aux gendarmes la réaction que votre père avait eue. »
– « Je ne sais pas. »
– « C’était pourtant quelque chose de plutôt favorable à votre père », observe l’avocat général. « Vous aviez déclaré qu’il avait pleuré. »
– « S’il a pleuré, c’est qu’il était triste. »

D’autres témoins sont venus confirmer que Bernard Blanc les fournissait bien en cocaïne, voire en résine de cannabis. Et qu’il était souvent armé. Mais aussi qu’Amar Zidi, l’autre victime du double meurtre, cocaïnomane réputé violent, pouvait aussi recouvrer des créances auprès des clients de Blanc. Peut-être à l’insu de ce dernier.

David, un cuisinier qui a été cocaïnomane pendant une dizaine d’années, a ainsi raconté qu’il avait remboursé une dette de 900€ à Amar Zidi : « A chaque fois, c’était un peu nerveux et un peu violent. Une fois, il m’a frappé. » A force d’intrusions sur son lieu de travail, le cuisinier a même été licencié par son employeur. « Amar était incontrôlable, il n’avait pas de limites. » Un autre client de Blanc, proche de Najoua et de sa famille, a quant à lui indiqué que l’accusé lui avait braqué une arme sur la tête, après qu’il eut fracturé sa voiture la veille pour y voler de la cocaïne. Il a aussi évoqué la personnalité de Najoua Nemri, « une fille qui aimait vivre, qui vivait à 200 à l’heure », et aux moeurs légères, « qui pouvait coucher pour obtenir ce qu’elle voulait ».

Après les enquêteurs, ce sont des proches de la principale témoin à charge qui ont déposé devant la cour d’assises. Une jeune mère de famille, manifestement terrorisée, ne s’est souvenue de rien à la barre. Son amie Virginie s’était semble-t-il confiée à elle sur la soirée du double meurtre, auquel elle disait avoir assisté, à la ferme de Bernard Blanc, au hameau de Villar Mouren, dans le Champsaur (notre photo). Elle l’avait reconnu lors de son audition par les gendarmes. Ce mardi, elle a oublié. « On a le droit de se protéger », lâche-t-elle. « Avez-vous menti devant les gendarmes? » demandent Me Charmasson, partie civile, et l’avocat général. « Non », reconnaît-elle.

L’avertissement de l’avocat général aux proches d’Amar Zidi

Alors que plusieurs témoins évoquaient la personnalité de l’une des victimes, Amar Zidi, l’avocat général a lancé un avertissement à sa famille et à ses proches. « Il y a déjà eu un incident lundi soir avec un témoin qui sortait de la salle d’audience et de nouveau ce matin, à la suspension d’audience », a relaté M. Balland. « Je ne veux plus d’incident, sinon il y aura une audition systématique des personnes concernées par la police », a prévenu le procureur de la République.


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