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manifestation loup

Gap : Ségolène Royal s’invite à la réunion sur le loup, entre le préfet et les éleveurs

21 Juil 2015 - 16:44

Le centre-ville de Gap n’a pas manqué d’animation en ce mardi matin. D’un côté, le plateau de l’émission « Village départ », place de la République, perturbé par les accrochages entre pro et anti-loup ; de l’autre, la rue Saint-Arey métamorphosée en mini-ferme avec ses 1600 moutons, ses quelques vaches, ses centaines de manifestants, et quelques tomates écrasées sur la façade de la préfecture.

Vers 13h30, tous les agriculteurs étaient rassemblés sur la place Saint-Arnoux pour connaître les annonces faites lors de la table ronde entre les représentants des syndicats agricoles, dont le président de la FNSEA Xavier Beulin venu spécialement à Gap, le préfet Pierre Besnard, Patrick Falcone, conseiller du ministre de l’Agriculture, Vincent Jechoux, conseiller de la ministre de l’Environnement, un spécialiste du loup au ministère de l’Environnement… et Ségolène Royal qui a eu l’heureux réflexe de prendre part au conciliabule par téléphone pendant une vingtaine de minutes.

Le prélèvement de 36 loups « le plus rapidement possible »

Des avancées pour certains, encore trop timides pour d’autres, l’Etat a voulu montrer qu’il prenait acte des revendications des éleveurs en agissant pour baisser le niveau de protection du loup. « La ministre de l’Environnement va écrire une instruction aux préfets concernés, dans les Alpes et peut-être le Massif Central, pour coordonner leur action et mettre en place des actions de prélèvement avec une obligation d’atteindre le quota de 36 loups prélevés le plus rapidement possible », a annoncé le préfet. Pour l’instant, une vingtaine de loups a été abattue dans les massifs français. L’Etat va étudier toutes les possibilités pour y parvenir, qu’il s’agisse du comptage des loups par hélicoptère _ qui se pratique aux Etats-Unis _, du recours à des lunettes de visée nocturne pour tuer le prédateur la nuit ou encore le piégeage qui pose tout de même la problématique de ne pas seulement capturer des loups.

La présidente de la fédération nationale ovine (FNO), Michèle Boudoin, n’a pas caché sa satisfaction au terme de cette réunion qu’elle considère constructive même si le processus s’avère long. Le président de la FRSEA Jean-Paul Comte, lui, s’est montré moins diplomate : « Pour éradiquer les attaques, il faut tuer les loups. Si les 36 ne suffisent pas, on passera à 50… Si les 36 bêtes ne sont pas tuées d’ici un mois, on va s’en occuper nous-mêmes », a-t-il lâché devant une foule approbatrice. Le président du conseil départemental Jean-Marie Bernard a évoqué une « manifestation digne, qui a porté ses fruits. Les éleveurs et les moutons passent avant les loups. Les loups, on n’en veut plus. »


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