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Manuel Valls à La Grave

Tunnel du Chambon : travaux, aides et solutions provisoires, les réponses de Manuel Valls (vidéo)

Après un passage en Isère où se trouve le tunnel du Chambon, le Premier ministre Manuel Valls est venu au chevet des habitants de La Grave et Villar-d’Arêne pour les écouter et leur apporter des réponses. Il était accompagné des secrétaires d’Etat aux Transports et à la Réforme territoriale, Alain Vidalies et André Vallini. Le préfet, la sous-préfète, la sénatrice, le député, le président du conseil départemental, le président de la Région, le président de la CCI, des socioprofessionnels, des élus de la vallée et des représentants du collectif du Chambon ont clairement posé la situation et les enjeux, cette souffrance économique et psychologique, certaines personnes étant même hospitalisées à Briançon.

« Je ne laisserai pas tomber le territoire »

« Le tourisme est notre principale ressource. Depuis la fermeture du tunnel le 10 avril dernier, les socioprofessionnels subissent une perte de 90% de leur clientèle alors que leurs charges sont maintenues, voire augmentent du fait du coût du transport », explique la présidente des enseignes de Villar-d’Arêne, Martine Albert. « Après 105 jours de crainte, d’espoir, de désespoir, nous sommes épuisés. On attend de vous un geste fort. On ne peut pas croire que vous nous laissiez comme unique choix de tout perdre et de partir », témoigne Frédéric Julliard, membre du collectif du Chambon. « On est en 2015, en France, on veut une route pour vivre, notre cordon ombilical, ajoute une autre membre du collectif. Sinon la mort va être lente, douloureuse, silencieuse. » « Je ne laisserai pas tomber le territoire, même si le temps qui passe va peser lourd », répond Manuel Valls.


La Grave : les annonces de Manuel Valls sur le… par lemedia05

Voici, point par point, ce que le Premier ministre a annoncé :

  • Les aides aux entreprises

Le président de la CCI Eric Gorde a détaillé le fonds de soutien aux 66 entreprises répertoriées : 200.000€ proviennent de la Région, 100.000€ du Département, et 50.000€ d’un fonds Péchiney dont la CCI a hérité. Une réunion d’attribution aura lieu le 7 août. Une première aide forfaitaire sera donnée dans l’urgence aux entreprises et une seconde plus tard, de manière plus ciblée. « L’Etat peut débloquer entre 200.000 et 400.000€ », lâche Manuel Valls. Si ces aides ne suffisent pas, le Premier ministre envisage une exonération de charges fiscales et sociales pendant la période du blocage.

  • Les aides provisoires

« S’il faut ouvrir des classes supplémentaires à Briançon pour accueillir des élèves de la vallée, on le fera. Le pont aérien par hélicoptère n’est pas idéal mais c’est la seule solution tant que le glissement interdit l’accès au lac. L’Etat participera à son financement aussi longtemps qu’il le faut. Une fois l’éboulement achevé, l’Etat participera au financement des navettes lacustres pour transporter voitures et piétons. Nous avons négocié aussi une réduction de 75% pour emprunter le tunnel du Fréjus à moindre coût. Si la circulation sur la RD 1091 n’est pas rétablie cet hiver, l’Etat participera au financement du déneigement du col du Lautaret » pour que la vallée ne se retrouve pas complètement enclavée. M. Valls a évoqué la mise à disposition d’un engin de déneigement de l’Etat et la mobilisation, si nécessaire, des moyens de l’armée. Le Premier ministre en a profité pour confirmer le maintien du train de nuit Paris-Briançon.

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  • Les travaux sur le tunnel du Chambon

« Les expertises ont montré qu’il n’y a pas d’autre solution que d’attendre. Vouloir accélérer la chute présente des risques importants pour la population. Il semble que l’effondrement puisse arriver assez vite, aujourd’hui même, mais ma laïcité m’empêche de croire aux miracles. Je ne sais pas encore combien de temps il faudra pour créer cette liaison tant attendue. Soit on peut vite rouvrir le tunnel après le glissement, une fois les travaux engagés terminés, soit les travaux seront plus importants, nécessitant une dérivation du tunnel pour un coût de 12M€. L’Etat sera présent, même si ce n’est pas sa compétence », assure le Premier ministre.

  • L’itinéraire bis

« L’Etat est prêt à soutenir le département de l’Isère pour financer la construction en quatre mois d’une piste provisoire sur l’autre rive, à hauteur de 20, 30%, voire plus. » Cet itinéraire ne devrait comporter, sur une partie compliquée du tronçon, qu’une seule voie du fait de risques géologiques et d’avalanche. Frédéric Julliard se demande pourquoi une deux-voies n’est pas envisageable. « Si on me dit que l’on peut construire une deux-voies même si c’est plus cher, aucun problème. Elle pourrait même être définitive », affirme le Premier ministre.

  • La sécurisation de la RD 1091

Le président du conseil départemental Jean-Marie Bernard a posé le problème des mesures préventives entre Briançon et Grenoble. « Sécuriser le tunnel des Ardoisères et deux autres galeries nécessite 40M€ de travaux. Or, 20M€ sont consacrés chaque année à l’entretien des routes dans toutes les Hautes-Alpes », s’inquiète l’élu.  » Il nous faut sécuriser durablement la RD 1091. Sur le programme d’études de 800.000€, l’Etat apportera 300.000€ », a annoncé Manuel Valls.

  • L’état de catastrophe naturelle

Manuel Valls se dit prêt à « déclencher l’état de catastrophe naturelle en conseil des ministres vendredi prochain. Ce sera la démonstration que l’on est solidaire ». Une étude juridique est cependant en cours par les ministères de l’Intérieur et des Finances, car ce classement peut entraîner des contentieux avec les compagnies d’assurances.

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