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Photo Olivier Milleville (H'Actu Presse)Photo Olivier Milleville (H'Actu Presse)

Avalanche mortelle à Pelvoux : pourquoi les deux guides ne seront pas poursuivis

28 Juil 2015 - 22:06

Les deux guides de haute montagne autrichiens, qui encadraient le groupe de skieurs de randonnée dont trois ont été tués dans une avalanche à Pelvoux en avril dernier, ne seront pas poursuivis. En tout cas en France. Le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, a en effet prononcé un non-lieu, ce mardi, estimant l’infraction « insuffisamment caractérisée ». En revanche, des poursuites restent possibles en Autriche, où une enquête a été ouverte par le parquet d’Innsbruk, auquel l’intégralité de l’enquête française a été transmise.

Le 1er avril dernier, une avalanche s’était déclenchée au col Emile Pic à Pelvoux, sous les pieds d’un groupe de onze alpinistes, au moment où ils s’étaient rassemblés, à une cinquantaine de mètres du couloir qu’ils venaient de descendre en rappel. A cet endroit, la neige était très dure et le vent soufflait fort. Le groupe de skieurs de randonnée du Club alpin autrichien avait été précédé dans la même zone par au moins un premier groupe de cinq randonneurs. Trois personnes étaient décédées et un quatrième skieur avait été grièvement blessé et évacué au CHU de Grenoble, où il avait dû être maintenu dans le coma.

En conclusion de son enquête, le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) de Briançon écarte toute faute pénale du club alpin autrichien qui n’avait qu’un rôle consultatif général. Le PGHM estime en revanche que les deux guides autrichiens ont commis une imprudence en ayant décidé de rassembler la totalité des onze skieurs du groupe sur la même zone, créant ainsi une forte surcharge, cause du détachement d’une “plaque à vent” et du déclenchement de l’avalanche. « Le choix du lieu de rassemblement du groupe n’était pas critiquable et il avait d’ailleurs été choisi par un autre groupe de cinq randonneurs les précédant, relève Raphaël Balland. C’est le fait de rassembler autant de personnes sur le même lieu qui est apparu imprudent et qui était la cause de l’accident. »

Toutefois, le procureur de la République considère qu’il n’y a pas de « faute caractérisée » de la part des deux guides autrichiens qui encadraient le groupe. « Selon la jurisprudence française, une telle faute caractérisée doit être une imprudence ou une négligence qui doit apparaître avec une particulière évidence, une particulière intensité, établie avec constance ou encore, présentant un caractère blâmable, inadmissible », rappelle M. Balland. « La faute caractérisée peut également s’analyser comme un manquement caractérisé à des obligations professionnelles essentielles ou comme l’accumulation d’imprudences ou de négligences successives témoignant d’une impéritie prolongée. » Pour le parquet de Gap, « l’imprudence relevée par le PGHM ne peut être constitutive en elle-même d’une faute caractérisée au sens de la loi (française, NDLR) et au regard de la jurisprudence ».

Photo d’archives Olivier Milleville/H’Actu Presse
 


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