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Réfugiés Gap

Migrants : Rosans et Briançon s’engagent, les maires de droite rechignent à agir

Après la commune de Rosans, qui a proposé à l’Etat d’accueillir deux familles de réfugiés syriens, ce qui a suscité une pétition signée par une partie de la population, c’est la municipalité de Briançon qui a annoncé, ce vendredi, être « prête à répondre à des demandes d’installation si des réfugiés en font la demande ». En revanche, les maires de droite semblent moins enclins à prendre l’initiative, rappelant qu’il s’agit d’une prérogative de l’Etat et du préfet, qui peut attribuer des logements sur son contingent ou des logements vacants. Deux rassemblements auront lieu dans les Hautes-Alpes pour marquer la solidarité avec les migrants et l’indignation face aux tragédies qui se produisent, notamment en Méditerranée. Un rassemblement, auquel s’associe la municipalité, aura lieu à Briançon, ce samedi 5 septembre à 17h, sur la place de l’Europe. Lundi 7, c’est à Gap qu’un rassemblement est organisé par le Mouvement de la paix, à 18h, sur l’esplanade de la Paix.

La CGT appelle de son côté « les élus locaux, nationaux, européens (à) assumer concrètement leurs responsabilités en mettant en œuvre les moyens et les modalités d’accueil sur l’ensemble de notre territoire. L’UD-CGT des Hautes-Alpes en appelle à la conscience et à la responsabilité pour qu’à l’image de la municipalité de Rosans, les élus haut-alpins prennent les décisions nécessaires à l’accueil des populations réfugiées. »

C’est bien ce qu’entend faire la ville de Briançon. Non sans rappeler qu’elle a « dû faire face ces derniers mois à des demandes d’aide de réfugiés ayant franchi la frontière italienne et cherchant le plus souvent à rejoindre Calais via Paris. La municipalité a organisé une réflexion sur la conduite à tenir et la prise en charge de ces personnes transitant par Briançon en collaboration étroite avec le Secours catholique, le Secours populaire, la Croix Rouge, le CCAS, la Mapemonde et la MJC. » Plusieurs mesures d’urgence ont été mises en place : accueil de jour au CCAS, ouverture de la douche municipale, fourniture de repas, aides à la prise en charge des billets de train, accompagnement en liaison avec la « Mapemonde » (mission d’Accueil des personnes Etrangères) de la MJC.

De leur côté, les maires de droite se retranchent derrière les prérogatives de l’Etat en la matière. « Contrairement à ce que veulent faire croire l’opinion publique et les médias, cette responsabilité n’est pas celle des maires mais celle de l’Etat », souligne ainsi Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin. Même son de cloche du côté de Jean-Michel Arnaud, maire de Tallard : « Si l’Etat décide d’attribuer tel ou tel logement de son contingent, le maire n’a rien à dire. Un maire n’est pas sollicité directement par une famille privée. »

Le maire de Gap, Roger Didier, rappelle pour sa part qu’il existe « un Cada (centre d’accueil pour demandeurs d’asile) à Gap, qui, éventuellement, nous fait des propositions. Nous avons des appartements qui sont déjà mis à disposition de familles, tant dans le domaine privé que dans les logements sociaux publics. » Le Cada de France Terre d’asile, à Gap, dispose de 80 places. Jean-Claude Eyraud, conseiller municipal et communautaire d’opposition, a annoncé qu’il demanderait la mise à disposition de logements supplémentaires, lors des conseils communautaire du 24 septembre et municipal du 25.

Photo : des décorations appelant à l’accueil des réfugiés ont fait leur apparition ces dernières heures à Gap (ici, rue Jean-Eymar)

 


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