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Manif préfecture

Gap : les agriculteurs murent la préfecture et installent une « ferme du désespoir »

14 Sep 2015 - 10:00

La FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) et les Jeunes agriculteurs des Hautes-Alpes ont installé une « ferme du désespoir », ce lundi matin, devant la préfecture, rue Saint-Arey à Gap. Les agriculteurs ont élevé des murs bloquant les accès à la préfecture… L’opération doit être reconduite pendant plusieurs jours. La préfecture annonce, ce lundi matin, qu’elle sera fermée au public pendant toute la journée (elle reste joignable par téléphone au 04 92 40 48 00).

Manif préfecture2« Il s’agit pour nous de communiquer avec le grand public sur la qualité de nos produits, et de mettre en parallèle tous les freins qui sont aujourd’hui imposés à cette profession », indiquent les deux syndicats dans un communiqué. Des « instants dégustation » seront ainsi organisés à l’occasion de cette opération de protestation.

Cette installation fait suite à la manifestation du 21 juillet dernier, à Gap, contre les dommages provoqués par le loup. « Près de deux mois plus tard, rien n’a changé ou presque », estiment la FDSEA et les JA. « Dans le contexte où se trouve actuellement le monde agricole, le loup est le problème de trop, celui sur lequel se cristallise tous les désespoirs d’une profession. Nous demandons une régulation efficace du loup et qu’enfin baisse le nombre de victimes et d’attaques, en constante augmentation depuis plus de 10 ans malgré les différents plans de gestion mis en place par l’Etat. »

Pour les syndicats agricoles, « l’heure n’est plus aux promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent ! Le désespoir est tel que nous ne pouvons plus annoncer des ébauches de solutions ni jeter de la poudre aux yeux en annonçant des centaines de milliers d’aides qui n’arrivent jamais sur les exploitations. »

« On ne peut pas dire qu’on ne fait rien », indique le préfet

Interrogé lundi dernier sur les actions des agriculteurs au sujet du loup, le préfet Pierre Besnard avait souligné que « ce n’est pas le préfet qui peut déclasser le loup! On a beau mettre du purin devant ma préfecture et pendre des carcasses, ça n’y change rien! » Selon lui, le nombre d’attaques a progressé d’environ 10% par rapport à la même période de 2014, même si le nombre de bêtes tuées n’a pas suivi la même progression. Au passage, M. Besnard avait rappelé que, « ces attaques, c’est un choc psychologique, émotionnel, mais ce n’est quand même pas un choc financier. Toute bête qui est prédatée est remboursée, y compris les disparues (avec une légère décote). Les mesures de protection sont également prises en charge par l’Etat à 80%, voire à 100%. Ca n’enlève rien au choc moral pour les personnes concernées, mais on ne peut pas dire qu’on ne fait rien! »

Le nombre de tirs de défense autorisés par le préfecture est d’ailleurs de 166, contre 37 seulement l’an dernier. Et le préfet a signé trois arrêtés de prélèvement renforcés, permettant l’abattage de six loups (un l’a été dans le Dévoluy). « Il faut avoir du monde pour les chasser, et la période de chasse n’est pas encore ouverte (ce sera ce dimanche, NDLR). 1000 chasseurs ont une habilitation pour abattre le loup dans le département et, désormais, les tirs de prélèvement sont autorisés pour une durée de six mois, ce qui va nous permettre d’organiser les tirs en hiver. »


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