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Manif agriculteurs Gap 1609 (3)

Loup : les chasseurs pourront l’abattre dans la majeure partie des Hautes-Alpes

Après trois journées de mobilisation, parfois tendue, autour de la préfecture des Hautes-Alpes et, ce mercredi aussi, sur plusieurs axes routiers autour de Gap, les agriculteurs ont obtenu gain de cause, ce mercredi soir. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, qui a participé par téléphone aux négociations qui se déroulaient à la préfecture des Hautes-Alpes, leur a donné l’assurance que tous les chasseurs pourraient désormais abattre des loups. « Ce sera le cas dans 95% du département », indique Raphaël Eyraud, coprésident des Jeunes agriculteurs (JA), qui participait à la réunion. « On voulait aussi des tirs de défense dans le parc national des Ecrins. La question sera étudiée mais ce n’est pas gagné. »

Ces annonces devraient se concrétiser « rapidement. Les services de l’Etat travaillent à préparer les arrêtés nécessaires. » Dans les Hautes-Alpes, cela se traduirait par le fait que les 6000 chasseurs disposant du permis puissent participer au prélèvement de loups, alors qu’ils ne sont qu’un millier aujourd’hui à pouvoir le faire, après avoir reçu une formation spécifique. Cinq loups sont susceptibles d’être abattus dans le département, selon les trois arrêtés préfectoraux actuellement en vigueur.

Ségolène Royal a annoncé qu’elle viendrait dresser un bilan dans les Hautes-Alpes fin décembre

« Nous sommes relativement contents, grosso modo nous avons obtenu ce que nous voulions », reconnaît M. Eyraud. « On a expliqué à la ministre la situation. Elle n’a pas été trop difficile à convaincre. Un rendez-vous a été pris pour la fin décembre : Mme Royal viendra dans les Hautes-Alpes pour dresser un bilan. »

« La ministre de l’Ecologie a parlé pendant plus d’une heure par téléphone aux agriculteurs du département des Hautes-Alpes et annoncé des vraies avancées pour les aider à protéger leurs troupeaux », indique Christophe Pierrel, chef adjoint du cabinet de François Hollande et tête de liste du PS pour les prochaines régionales dans les Hautes-Alpes. « Je tiens à saluer l’ensemble de ces mesures qui vont dans le bon sens. Je tiens à féliciter la ministre et les agriculteurs d’avoir su dialoguer et trouver des solutions communes. L’agitation politique et la récupération n’avaient pas leur place ici. »

120 tracteurs avaient entamé un blocage des routes autour de Gap.
120 tracteurs avaient entamé un blocage des routes autour de Gap, comme ici à Tallard.

Trois représentants de la FDSEA et autant des JA participaient aux négociations, ainsi que le président de la chambre d’agriculture, Pierre-Yves Motte, le préfet Pierre Besnard et le secrétaire général de la préfecture François Drapé. Le préfet de la région Rhône-Alpes, préfet coordinateur du loup en France, la Dreal Rhône-Alpes et le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur y assistaient par visioconférence.

Du coup, les 120 tracteurs qui étaient mobilisés à Tallard, dans le Champsaur, à Espinasses, à Gap et à Pont-Sarrazin ont levé leur blocus et ont rejoint la préfecture dans la soirée, afin d’assister au compte rendu de la réunion.

La « ferme du désespoir » se poursuivra néanmoins ce jeudi, puisque l’opération organisée par la FDSEA et les JA dépasse la question du loup. Ce jeudi, c’est la filière arboricole qui sera plus particulièrement mise en avant avec ses difficultés. Une réunion est d’ailleurs prévue la semaine prochaine avec le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour examiner les problèmes spécifiques des différentes filières agricoles haut-alpines. « Normalement, on devrait démonter la ferme jeudi soir », indique Raphaël Eyraud. Par ailleurs, le nouveau mur qui avait été érigé devant la grille de la préfecture a été démonté par les agriculteurs eux-mêmes ce mercredi soir.


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