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Manifestation maires Gap (5)

Gap : 250 élus dans les rues pour sauver « la République au quotidien » (vidéo)

Entre 200 et 250 maires, adjoints, conseillers municipaux et conseillers départementaux des Hautes-Alpes ont défilé dans les rues de Gap, ce samedi matin, pour protester contre les réductions des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Selon une étude commandée par l’association des maires au cabinet Stratorial, les collectivités haut-alpines devraient voir leur budget amputé de 15,5 millions d’euros en cumulé entre 2013 et 2017. Un autre rassemblement était organisé à Château-Queyras, en marge de la Fête des parcs, auquel participaient notamment le président du Département, Jean-Marie Bernard, le maire d’Embrun Chantal Eyméoud et une quinzaine d’élus du Guillestrois et du Queyras. A Digne-les-Bains, le rassemblement a réuni 160 élus des Alpes-de-Haute-Provence.

Manifestation maires Gap (9)Lors de la rencontre avec le préfet, ce dernier a rappelé que le président de la République et le gouvernement venaient d’annoncer d’accorder 500 millions d’euros supplémentaires pour les collectivités rurales. Dans les Hautes-Alpes, cela se traduira par une augmentation de la DETR (dotation d’équipement des territoires ruraux) de 3 M€ (de 8 à 11 M€). Pierre Besnard a proposé la création d’un groupe de travail afin que les élus puissent proposer des priorités pour l’attribution de cette enveloppe supplémentaire : « C’est une avancée intéressante, même si ce n’est pas à la hauteur de nos demandes », a observé Jean-Michel Arnaud, président de l’association des maires des Hautes-Alpes (AMF 05).

Le préfet a également invité les petites communes à fusionner et en a profité pour plaider en faveur du regroupement des intercommunalités qu’il va proposer. « Nous ne sommes pas opposés à ce que des communes volontaires puissent fusionner », a déclaré M. Arnaud. « Ces communes nouvelles auront certes des dotations maintenues, mais ce sera au détriment des autres. Ce n’est pas une solution. » Quant à la mutualisation entre intercommunalités, « nous savons que cela entraîne des surcoûts au départ, même si cela peut générer des économies à moyen ou à long terme ».

A Gap, après s’être rassemblés place de la République, les manifestants ont défilé dans les rues du centre-ville pour rejoindre la préfecture des Hautes-Alpes, où une délégation de maires avait été reçue en début de matinée par le préfet Pierre Besnard. Regroupés derrière une unique banderole « Communes, un patrimoine en danger : Ensemble », les élus ont entonné à plusieurs reprises La Marseillaise et scandé le slogan « J’aime ma commune, je la défends ». De nombreux maires et conseillers municipaux de communes rurales étaient dans la rue, mais aussi Roger Didier, premier magistrat de Gap, et une partie de sa municipalité, Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin, Bernard Mathieu, maire de Serres, Patrick Ricou, maire d’Orcières et premier vice-président du Département… Une délégation du PCF était présente dans le cortège pour dénoncer une politique d’austérité visant aussi les collectivités locales.

« Nos communes sont en train de crever! »

Devant la préfecture, Bernard Allard-Latour, maire (PRG) de Remollon et premier vice-président de l’AMF 05, a appelé à « la résistance. Nos communes sont en train de crever. Il faut sauver les communes rurales! Et Gap aussi! » Jean-Michel Arnaud, maire (Les Républicains) de Tallard, a demandé à  la population d’imaginer « un ménage qui perdrait 20 à 30% de ses revenus. Ce serait la faillite de cette famille. Pour nos communes, ça veut dire réduire nos équipements, laisser de côté certaines missions du quotidien, baisser les subventions aux associations… Or nous sommes la République au quotidien. » La sénatrice Patricia Morhet-Richaud, elle-même maire de Lazer, a mis en exergue « une démarche sans précédent. C’est l’expression d’un profond malaise. L’avenir des communes est une cause commune! »

Se félicitant que les maires aient « montré leur capacité à se mobiliser », Jean-Michel Arnaud a lui aussi souligné que « nous avons fait cause commune au-delà de nos divergences politiques et de nos petits problèmes au sein de nos formations politiques ». Force est cependant de constater que les élus de droite étaient plus mobilisés que ceux politiquement proches du gouvernement…


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