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Estrosi à Gap (4)

A Gap, Christian Estrosi désigne le FN comme son principal adversaire

Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains-UDI-MoDem pour les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dit refuser « le sectarisme, que ce soit celui de gauche ou celui des extrêmes ». Mais, tout en dénonçant le bilan de la majorité de gauche sortante, c’est avant tout le Front national qu’il désigne comme son principal adversaire. C’est à lui qu’il réserve ses principales attaques, en visant « ceux qui se revendiquent de Vichy, de Pétain » ou en demandant aux électeurs « d’éviter que la honte et la haine ne tombent sur notre région ». Et c’est en partie sur le terrain de prédilection du FN que le maire de Nice se place en rappelant ses propos sur la « guerre de civilisation » à laquelle la France est, selon lui, confrontée, ou en confirmant son intention d’installer des portiques électroniques pour l’accès aux TER, des caméras de vidéosurveillance dans les rames et de créer une « police régionale des transports ». La maire (UDI) d’Embrun, Chantal Eyméoud, tête de liste dans les Hautes-Alpes, ne s’y trompe pas en considérant que « Christian Estrosi est une double chance : c’est le meilleur frein et le meilleur rempart au FN ».

Estrosi à Gap (15)Devant ses sympathisants, réunis devant son local de campagne sur l’esplanade de la Paix à Gap, ce lundi soir, Christian Estrosi s’attache aussi à mettre l’accent sur son programme pour la montagne. En ayant tendance à dresser un inventaire à la Prévert, en évoquant la poursuite de l’A 51 (avec, au passage, quelques approximations sur l’historique de ce dossier…), le tunnel sous le Montgenèvre, la route du col du Lautaret… Regrettant « l’absence de soutien aux stations de sports d’hiver » de la part de la majorité Vauzelle, il entend y remédier « pour être un pôle d’excellence en matière touristique ». Et le maire de Nice ne manque pas de rappeler qu’il est originaire d’un village de montagne, Saint-Etienne-de-Tinée, et Chantal Eyméoud glisse opportunément que ce montagnard accompli a gravi le Dôme des Ecrins cet été…

M. Estrosi insiste aussi sur les transports : « A partir de 2016, on ne montera plus dans les TER comme on y monte aujourd’hui. C’est la Région de France où les retards et le nombre de jours de grève est le plus élevé. Nous renouvellerons les rames et nous aurons des exigences vis-à-vis de la SNCF. » Le candidat sarkozyste à la présidence de Provence-Alpes-Côte d’Azur propose aussi de fixer le prix des transports « à 1€ par jour pour les jeunes de 16 à 25 ans, quel que soit le réseau utilisé » et d’accompagner les jeunes avec des prêts à taux zéro aussi bien pour leurs études que pour l’accession au premier logement.

S’agissant de la composition de la liste dans les Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, président du Département, lance qu’il supportera (« Et quand je dis supporter, c’est au sens de l’OM! ») « toute la liste constituée autour de Christian Estrosi », tandis que le maire de Gap, Roger Didier, en deuxième position sur la liste départementale, appelle les électeurs à « être unis derrière Christian Estrosi, qui est l’homme qu’il nous faut ». Pour Chantal Eyméoud, qui n’ignore pas que la composition de cette liste fait tiquer certains élus et militants de l’ex-UMP, « il faut laisser les rancoeurs de côté ». M. Estrosi se félicite pour sa part d’être « le premier à présenter des listes entières dans nos six départements. C’est une liste de rassemblement. »

« Qui peut contester que le maire de Gap sera demain un très bon vice-président de la Région ? »

Interrogé par L’e-media 05, Christian Estrosi assure qu’il n’a pas demandé à Roger Didier de s’encarter aux Républicains : « Je le laisse libre de ses choix. Je ne fais pas de politique politicienne. Qui peut contester que le maire de Gap sera demain un très bon vice-président de la Région? La compétence et l’expérience comptent au moins autant que l’étiquette, même si je me reconnais dans ma famille politique pour préparer l’alternance en 2017. La politique politicienne fatigue un grand nombre de nos concitoyens. »

En cas de victoire, si Roger Didier devenait vice-président de la Région, cela signifierait-il que deux vice-présidences reviendraient à des élus haut-alpins (l’une étant évidemment promis à la tête de liste, Chantal Eyméoud)? « Oui, il y aura deux vice-présidences pour les Hautes-Alpes, ce qui montre l’intérêt que nous portons à la montagne en lui donnant un poids important », répond Christian Estrosi.

Et Roger Didier, de quel mandat démissionnera-t-il s’il est élu conseiller régional, ce qui le mettra sous le coup de la loi sur le cumul des mandats? « On ne vend jamais la peau de l’ours avant de l’avoir tué », élude le maire de Gap. Après sa défaite à la présidence du Département, il devrait logiquement, en cas d’élection au conseil régional, céder son siège de conseiller départemental à son suppléant, Lionel Para.


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