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Conseil départemental (5)

Conseil départemental : bisbilles autour de la dette, des Baronnies et d’un rond-point

Le Conseil départemental était réuni en session plénière, ce mardi matin, avec un ordre du jour qui ne prêtait pas à de grands débats. Ce qui n’a pas empêché quelques bisbilles entre opposition et majorité pour animer une ambiance très consensuelle.

La baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales, une nouvelle fois dénoncée par le président du Département, Jean-Marie Bernard, a généré un premier débat. « L’Etat a une dette considérable de 2000 milliards d’euros, dont 600 milliards sous le mandat de M. Sarkozy », a rappelé Gérard Fromm (PS, Briançon). « Aujourd’hui, on paye mais pour ceux qui ont beaucoup dépensé », a-t-il lancé, avant de reconnaître qu’il y a eu « des dérives de gauche comme de droite ». Au-delà de la polémique, M. Fromm a considéré que « les Hautes-Alpes ont un rôle à jouer entre plusieurs métropoles : Marseille d’un côté, Grenoble et Lyon d’un autre, mais il ne faut pas oublier Turin et Milan ». Il a aussi insisté sur « une richesse extraordinaire que nous avons, c’est l’eau. Pas seulement pour notre territoire mais au-delà. Il faut continuer de valoriser sa qualité et peut-être demain la commercialiser autrement. »

Arnaud Murgia (Les Républicains, Briançon) n’a pas manqué l’occasion de poursuivre le débat politicien : « Je veux saluer le courage de M. Fromm… de soutenir le gouvernement de M. Valls et de M. Hollande. C’est un peu facile de dire que nous ne payons que ce qui a été fait avant. Nous payons aussi une absence de réforme et l’accumulation des erreurs. Le premier geste du gouvernement a été d’embaucher 60.000 fonctionnaires. Je ne dis pas que tout est de la faute de M. Hollande, mais Nicolas Sarkozy a dû faire face en 2008 à une crise sans précédent. Je vous demande un petit peu de bonne foi, M. Fromm. »

Sans entrer dans ce débat, Gérard Tenoux (Les Républicains, Serres) a simplement dit son désaccord « avec la façon dont ces réductions de dotations sont mises en place par le gouvernement ». Il a pris l’exemple de la commune de Rosans, qui, en plus de la baisse de sa dotation globale de fonctionnement, va « perdre sa dotation majorée de 80.000€ et 67.000€ de loyers avec la fermeture de la gendarmerie, soit 294€ en moins par habitant! Les lendemains risquent d’être dramatiques pour des communes comme Rosans. »

Le financement du rond-point de Grand’Boucle à Briançon devra être clarifié

Le projet de rond-point de Grand’Boucle à Briançon suscite également quelques inquiétudes. Dans la convention spécifique d’application du contrat de plan Etat-Région (CPER) aux Hautes-Alpes, ce projet est en effet lié au carrefour central prévu à Saint-Crépin. Sans distinction des financements prévus pour chacune de ces opérations, alors que le projet de Saint-Crépin ne sera pas financé par la commune (qui a déjà financé les intersections sud et nord). Les services du Département évoquent « une opération technique » à propos de ce regroupement des deux opérations. « La question est de savoir ce que Briançon va mettre dans ce rond-point qu’on attend depuis 20 ans », a lancé M. Fromm. « La participation du Conseil départemental doit au moins être égale à celle de la Ville, et ce n’est pas ce qui semble ressortir de ce document que nous découvrons. » Embarras du côté de la majorité et du président Jean-Marie Bernard, qui promet « une clarification ». La convention est adoptée à l’unanimité, même si Gérard Fromm et Aurélie Poyau se sont abstenus.

Dans les Hautes-Alpes, le CPER prévoit notamment 68 M€ d’investissements sur les routes (dont 41,3 M€ pour la rocade de Gap, 6 M€ pour la modernisation de la RN 85 et 10 M€ pour celle de la RD 1075) et 47 M€ pour la régénération de la ligne ferroviaire des Alpes et les études sur l’étoile de Veynes. « Il manque une route sur le CPER, c’est la RD 1091 », a cependant rappelé Arnaud Murgia.

L’opposition départementale ne siégera plus au parc des Baronnies provençales

Dernière pierre d’achoppement de cette session plénière, la représentation de l’opposition départementale au sein du conseil d’administration du parc naturel régional des Baronnies provençales. Initialement, Gérard Tenoux et Françoise Pinet avaient été désignés comme membres titulaires, Anne Truphème (divers gauche, Laragne-Montéglin) étant suppléante. Désormais, il n’y a plus de suppléants, et la majorité a présenté les seules candidatures de M. Tenoux et de Mme Pinet. Au grand dam de Florent Armand (divers gauche, Laragne-Montéglin), qui a estimé que « ça exclut une partie du Buëch », mais aussi l’opposition. « J’ai assisté à toutes les réunions du parc depuis six mois alors que les titulaires étaient toujours absents, sauf à la première », a regretté Mme Truphème.

M. Armand a demandé à M. Tenoux de renoncer à ce mandat, sachant qu’il pourrait siéger en tant que maire de Bruis. Sauf que son conseil municipal n’a pas encore délibéré sur l’adhésion de sa commune au Parc et que rien n’assure que ce sera dans un sens favorable… Par la voix de son coprésident Jean Conreaux, le groupe majoritaire « Priorité Hautes-Alpes » annonce maintenir les candidatures des deux titulaires sortants. Qui sont élus malgré huit voix contre (opposition) et l’abstention de Bernadette Saudemont (majorité, Veynes).


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