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L'école de Jarjayes va regagner une classe (photo d'archives Google Street View).L'école de Jarjayes va regagner une classe (photo d'archives Google Street View).

Les écoles de Jarjayes et de Montmaur gagnent un demi-poste d’enseignant

[Mis à jour à 23h]
Le directeur académique des services de l’Education nationale (Dasen), Philippe Maheu, et l’inspectrice de l’Education nationale de la circonscription Gap-Buëch, Véronique Brun, ont décidé d’accorder deux demi-postes d’enseignant supplémentaires aux écoles de Jarjayes et de Montmaur. Cette décision intervient à la veille d’un rassemblement, initialement organisé par les parents d’élèves de quatre écoles du département, destiné à demander des moyens supplémentaires. En revanche, les écoles de La Faurie (classe unique) et de Poligny ne bénéficieront pas de création de poste, mais le rassemblement prévu devant l’inspection académique à Gap a été annulé.

A Jarjayes, l’école Pierre-Bossy accueille 48 élèves répartis en deux classes de 4 niveaux chacune. « Sans la possibilité de répartir régulièrement en petits groupes ces classes surchargées, la décision pourrait être prise de ne plus accueillir les petites et moyennes sections (de maternelle) », dénonçaient les parents d’élèves. « L’ironie de la situation est que si l’école accueillait 50 enfants, soit 2 de plus qu’actuellement, elle pourrait prétendre à l’ouverture d’une troisième classe. » Depuis deux ans, l’école bénéficiait d’ailleurs d’un demi-poste dans le cadre du dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Initialement supprimé, ce demi-poste vient d’être rétabli « au regard de l’évolution des effectifs et du fait que l’école a été retenue par une commission académique pour son ouverture internationale », explique M. Maheu. « L’école a obtenu une très bonne note pour son projet en lien avec une école anglaise. Cela m’a incité à l’accompagner par un demi-poste. »

L’école de Montmaur bénéficiera de l’autre moitié de ce poste.

En revanche, la classe unique de La Faurie et l’école de Poligny ne doivent pas s’attendre à obtenir gain de cause. « Pour moi, il n’y a pas de situation problématique », indique l’inspecteur d’académie. Les parents d’élèves de La Faurie, qui demandent la reconduction du demi-poste ouvert l’an dernier, doivent rencontrer la nouvelle inspectrice de circonscription ce vendredi à Veynes. « Nous allons voir ce qu’elle nous dit, mais nous serons mobilisés », assure Eric Burlet, délégué des parents d’élèves. « Cette décision, prise sans concertation, est inadmissible. »

Pour la sénatrice Patricia Morhet-Richaud, « le maintien des classes en zone rurale doit être une priorité pour les services de l’Etat afin de garantir l’équité de l’enseignement avec les territoires plus peuplés. Il est essentiel pour les élus locaux de préserver les écoles dans nos villages car c’est aussi un moyen d’inciter les familles à venir s’y installer. » La parlementaire, qui doit rencontrer le Dasen la semaine prochaine, indique qu’elle évoquera avec lui l’avenir des écoles d’Orcières et du Noyer, « où les prévisions d’effectifs doivent permettre d’envisager une rentrée scolaire dans de bonnes conditions avec des postes supplémentaires ».

Dans les Hautes-Alpes, 44 écoles ont fermé depuis 20 ans

« A chaque fois que nous arrivons en limite de fermeture d’une classe, il est toujours difficile de bien gérer l’évolution des effectifs », reconnaît Philippe Maheu. « C’est pour cela que nous devons travailler autrement, sous forme de regroupements ou de pôles spécialisés, de manière à sécuriser chaque rentrée scolaire. Il y a beaucoup de maires qui résistent à cette idée de rapprochements. On peut faire mieux dans le département. » Le Dasen entend pratiquer « le cousu-main. Je n’ai pas de schéma arrêté. Il ne faut surtout pas établir de standards, mais regarder au cas par cas, en concertation avec les maires, car cela nécessite parfois des investissements, par exemple pour spécialiser une école dans l’accueil de la petite enfance. »

L’inspecteur d’académie rappelle cette réalité : en 1996, les Hautes-Alpes comptaient 185 écoles avec 561 classes ; en 2015, il ne reste que 141 écoles avec 539 classes. Et près de deux écoles sur trois comptent moins de trois classes (20% sont des classes uniques, 29% ont deux classes et 15% trois classes). « Nous avons un réseau de toutes petites classes, analyse M. Maheu. C’est un constat, nous n’avons pas à nous autoflageller. Nous avons une démographie négative dans le premier degré. Et, pour moi, c’est une problématique. Car, croyez-moi, je n’ai aucun plaisir à fermer une classe. »


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