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Travaux piste Chambon

Chambon : la route de secours devrait ouvrir à la circulation vers le 22 novembre

La route de secours, qui est réalisée sur la rive gauche de la Romanche afin de pouvoir rétablir la circulation coupée depuis la fermeture du tunnel du Chambon, le 10 avril dernier, devrait ouvrir autour du 22 novembre. « Nous sommes en train d’achever les travaux de chaussée », précise Bernard Perazio, vice-président du Conseil départemental de l’Isère chargé de la voirie, interrogé par L’e-media 05. « Nous allons terminer la couche de réglage dans les tout prochains jours et la pose de l’enrobé devrait commencer lundi (16 novembre). Il y en a pour cinq jours de travaux, si nous ne sommes pas gênés par la météo. Elle sera donc terminée autour du 20, 21 ou 22. Mais je ne peux pas donner de date exacte pour l’ouverture à la circulation. » La création de cette route représente un investissement d’environ 5,5 millions d’euros.

Travaux piste Chambon2Cette nouvelle voie ne sera « pas classée en route départementale », relève M. Perazio. « C’est le préfet qui assurera la gestion de la circulation et qui fixera les conditions d’exploitation. Même si c’est le Conseil départemental qui a engagé les travaux et qui les a financés -Nous espérons une participation de l’Etat, mais elle n’est toujours pas actée- nous sommes sur une réponse d’urgence à un glissement naturel de la montagne. Cette route de secours correspond aussi à un axe très compliqué, qui nous relie à l’Italie. C’est le préfet qui déclenchera la gendarmerie et les sapeurs-pompiers en cas de difficulté. » Sur la base des comptages de véhicules réalisés avant la fermeture du Chambon (2400 véhicules/jour en moyenne annuelle, dont 5% de poids lourds), « cette route permettra d’absorber 90% du trafic, en dehors des périodes de chassés-croisés, qui seront gérées par le service des routes du Département, mais sous l’autorité du préfet ».

Par rapport aux prévisions initiales, « nous avons pris un peu de retard », concède l’élu isérois. « Mais nous avons réalisé une plateforme d’une largeur légèrement supérieure à ce qui était prévu sur la plus grande longueur possible, tout en rappelant qu’une partie de la route a été taillée dans la falaise avec des techniques de minage très périlleuses. Et nous avons opté pour une dalle en enrobé de bitume plutôt qu’un revêtement avec des gravillons, de façon à limiter le temps de séchage. Même si ce n’est pas sans surcoût. Le pari pour nous, c’était d’ouvrir avant la saison d’hiver. Et ce sera le cas. »

L’appel d’offres pour le tunnel de dérivation va être lancé

Bernard Perazio espère que le groupement d'entreprises sera retenu "fin février".
Bernard Perazio espère que le groupement d’entreprises sera retenu « fin février ».

Pour la suite, le Conseil départemental de l’Isère a retenu l’option d’un tunnel de dérivation, qui serait réalisé depuis l’intérieur de l’actuel tunnel du Grand Chambon pour s’enfoncer dans la roche et aboutir au-delà du tunnel du Petit Chambon côté La Grave. « Cette option a été validée par l’Etat, qui avait nommé un ingénieur général des Ponts et chaussées pour étudier les choix du Département en termes techniques et financiers », indique Bernard Perazio. Le cahier des charges pour la réalisation de ce tunnel est en cours d’achèvement. La mise en concurrence des entreprises sera ouverte « du 27 novembre à début janvier », annonce le vice-président du Département. « Nous nous laisserons ensuite un mois pour que les techniciens étudient les propositions, sachant qu’il y aura des clauses de délai très strictes dans l’appel d’offres. Notre cadre est très rigide : c’est la réouverture provisoire du tunnel du Chambon avant l’hiver 2016-2017. »

Pourquoi « provisoire »? « Pour pouvoir rouvrir avant l’hiver, nous prévoyons qu’il soit livré en forme dégradée, en termes techniques, explique M. Perazio. Autrement dit, dans les strictes conditions de sécurité, mais sans les finitions. Le tunnel serait refermé en mars-avril, après la saison d’hiver, pour achever les travaux, les bordures… Pendant cette période de fermeture, on rouvrirait la route de secours. »

Cet investissement sera de l’ordre de « 20 à 25 millions d’euros. Nous espérons une participation de l’Etat à hauteur de 30%. Et nous attendons les réponses des deux régions (Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur). » En attendant, le conseil départemental de l’Isère devrait retenir un groupement d’entreprises pour la réalisation du tunnel. Bernard Perazio « espère un vote fin février ».

Tunnel du Chambon Isère MagazineLa « bourde » d’Isère Magazine

Dans sa dernière livraison, Isère Magazine, la revue du Conseil départemental, publie un article sur la situation au Chambon en titrant : « Isère/Hautes-Alpes, liaison rétablie! » Article qui précise que, « depuis début novembre, le trafic est rétabli entre l’Isère et les Hautes-Alpes grâce à la construction expresse d’une route de secours ».

Du fait des délais de bouclage et d’impression, la rédaction s’attendait à ce que le journal sorte après la mise en service. Ce qui n’est pas le cas. Mais l’article fait bondir le Collectif du Chambon, qui n’était déjà pas avare en reproches envers le Conseil départemental de l’Isère pour sa gestion de cette crise et qui dénonce une « entreprise de désinformation ». Bernard Perazio s’en excuse : « Malheureusement, on ne peut pas effacer ce qui est imprimé… »

Photos : Collectif du Chambon et CD 38

 


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