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Route de secours Chambon2

Chambon : l’Etat et les deux Régions financeront 50% du nouveau tunnel

Etat, Régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes, Conseils départementaux des Hautes-Alpes et de l’Isère : tous les partenaires impliqués dans le rétablissement de la RD 1091 entre Grenoble et Briançon, fermée à la circulation depuis le 10 avril dernier, étaient réunis, ce vendredi à Gap, et tous ont confirmé leur participation financière aux différentes solutions. Y compris la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, même si les infrastructures concernées sont situées en Rhône-Alpes.

La solution d’urgence, dans un premier temps : la route de secours, construite sur la rive gauche de la Romanche, devrait être mise en service le 23 novembre, sauf aléa climatique majeur. D’un coût de 6,8 M€, cette voie, réalisée par le Conseil départemental de l’Isère, sera cofinancée par l’Etat à hauteur de 1,5 M€ et par les deux Régions, à hauteur de 15% chacune. « Cette route permettra de faire passer le trafic local et des véhicules de 10 à 12 tonnes, ce qui permettra notamment la circulation de camions d’approvisionnement en carburants ou de livraison de denrées », souligne Stéphane Bouillon, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et préfet coordonnateur du massif des Alpes, qui présidait ce comité de pilotage à Gap.

M. Bouillon a également annoncé la poursuite des navettes lacustres sur le lac du Chambon jusqu’à l’ouverture de cette route de secours. En précisant que l’Etat donnerait une participation de 189.000€ pour ces navettes, d’un coût complémentaire de de 630.000€. Les réductions accordées au tunnel du Fréjus sont également reconduites jusqu’au printemps, dans la mesure où la route de secours ne pourra pas accueillir le trafic touristique, cet hiver. Ce dispositif, d’un coût de 520.000€, « est pris en charge par l’Etat ».

Une étude lancée sur la « vulnérabilité de la RD 1091 »

Pour ce qui est du rétablissement normal de la circulation sur la RD 1091, il est prévu d’ici la fin 2016. « Le Conseil départemental de l’Isère a présenté son schéma qui consiste à réaliser un tunnel de dérivation de 560 mètres, afin de contourner la partie du tunnel du Chambon effondrée et le tunnel voisin », a relaté le préfet de région. « Ce schéma a été validé par le CGEDD (Conseil général de l’Environnement et du développement durable). Il offre la possibilité de pouvoir circuler dès le mois de décembre 2016, même si des travaux complémentaires auront lieu au printemps 2017. » D’un coût estimé à 26 M€ HT environ, la percée de ce nouveau tunnel sera là aussi cofinancée par l’Etat (20%) et les deux Régions (chacune à hauteur de 15%). L’appel d’offres va être lancé dans les prochains jours.

Enfin, 600.000€ vont être consacrés à une « étude sur la vulnérabilité de la RD 1091 », de façon à préciser les investissements nécessaires pour sécuriser l’ensemble de l’axe. L’objectif est « d’améliorer la connaissance des risques de coupure, de mettre en œuvre des dispositifs de suivi des aléas, d’anticiper les mesures alternatives et de définir un programme de travaux prioritaires ». Cette étude sera portée par les Départements des Hautes-Alpes et de l’Isère, et cofinancée par l’Etat (200.000€) et les deux Régions (100.000€ chacune).

Réunion Chambon à Gap« Ces désordres géologiques auront coûté plus de 40 M€ aux différentes collectivités concernées, ce qui équivaut au budget que je ne peux même plus consacrer aux routes », a tenu à rappeler Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes-Alpes. « Je veux saluer les initiatives prises, parfois contre vents et marées, par le Conseil départemental de l’Isère. Je salue également l’intervention du président Vauzelle pour un désordre survenu dans une autre région. Cela montre l’importance de cet axe au niveau alpin mais aussi pour la liaison vers l’Italie. »

« C’est l’intérêt supérieur du massif et je me réjouis de cette coopération solidaire et très républicaine », a relevé Michel Vauzelle, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « C’est une liaison importante pour le territoire et c’est un grave problème humain et économique pour ses habitants. »

« La parole publique est respectée », s’est félicité le député des Hautes-Alpes Joël Giraud. « Qui aurait pu croire que l’Etat reviendrait financer les routes qu’il avait abandonnées? » Ce que le préfet de région a voulu corriger : « Pas abandonnées mais confiées… »

« On va finir notre apnée », se réjouit le maire de La Grave

« Avec cette route de secours, on va finir notre apnée », a commenté Jean-Pierre Sevrez, maire de La Grave. « Il est difficile de se rendre compte de ce qu’a vécu la population. Avant les navettes, c’était une heure de marche, quel que soit la météo, et une voiture de chaque côté du barrage, pour pouvoir aller travailler aux Deux Alpes ou à Bourg-d’Oisans. Une population qui souffre, c’est difficile de la faire patienter. C’est comme une rage de dents, on veut que ça cesse! Je ne peux que remercier tous les acteurs. » De fait, « on a pu mesurer la patience et l’impatience des habitants du territoire, qui y vivent au quotidien », a confirmé Gilles Strappazzon, conseiller départemental du canton Oisans-Romanche. « Cela va permettre de redonner espoir. »

Photo de la route de secours © Dlgsports.net


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