Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Attentats Gap préfecture (1)

Attentats : comment l’état d’urgence se traduit dans les Hautes-Alpes

Le préfet des Hautes-Alpes, Pierre Besnard, et le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, ont précisé, ce samedi soir, les mesures mises en place dans le département à la suite de la vague d’attentats qui a frappé Paris ce vendredi. « Ce n’est pas parce que nous sommes dans les Hautes-Alpes que nous sommes épargnés », souligne M. Besnard. « Mais il faut ramener cela au niveau du département : nous ne sommes pas en région parisienne. »

LIRE EGALEMENT
>> Attentats à Paris : les sapeurs-pompiers et gendarmes haut-alpins sains et saufs

Le préfet a ainsi précisé que seul l’article 5 de la loi sur l’état d’urgence était susceptible de s’appliquer dans les Hautes-Alpes, mais qu’il n’y avait « pas de raison (de le faire) pour l’instant ».

Article 5 de la loi relatif à l’état d’urgence
La déclaration de l’état d’urgence donne pouvoir au préfet dont le département se trouve en tout ou partie compris dans une circonscription prévue à l’article 2 :
1° D’interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté ;
2° D’instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ;
3° D’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics.

Spectacles et rencontres sportives. En revanche, l’article 8 de la loi, qui permet la fermeture provisoire des salles de spectacles, des débits de boissons et des lieux de réunion, n’est applicable que dans la région parisienne. « Je n’ai pas demandé l’annulation des rencontres de la Cinémathèque de montagne au Quattro », précise le préfet. « Nous avons en revanche demandé l’application stricte du plan Vigipirate en procédant à la fouille des spectateurs. » Pour les rencontres sportives, la plupart ont été annulées ce week-end, « mais ce n’est pas à notre demande », observe Pierre Besnard. « C’est davantage dans une démarche de deuil. »

Contrôles aux frontières. Depuis ce samedi 0h30, des contrôles systématiques sont opérés à la frontière de Montgenèvre par la Police aux frontières (Paf). Les passagers des autocars qui passeront la frontière franco-italienne seront tous contrôlés, et la préfecture invite donc chacun à bien se munir d’une pièce d’identité s’il se rend en Italie. Pour ce qui est du col de l’Echelle, où il n’y a pas de poste frontière, le préfet a demandé à la gendarmerie et aux douanes d’assurer des contrôles aléatoires jusqu’à la prochaine fermeture du col, une fois qu’il y aura neigé. Le procureur de Gap a pris des réquisitions permettant aux gendarmes d’effectuer des contrôles dans les véhicules, notamment de leur coffre.

Etablissements scolaires. La sécurité va être renforcée devant les établissements scolaires, en particulier dans les principales communes du département. Les maires de Gap, Briançon et Embrun ont participé à une réunion à la préfecture avec les parlementaires, le président du Département et le président de l’association des maires. Ils ont été invités à remettre en place le barriérage prévu dans le cadre du plan Vigipirate et à assurer la présence de policiers municipaux devant les écoles. Car il est bien évident que les établissements scolaires fonctionneront normalement dès ce lundi matin. En revanche, les sorties scolaires sont suspendues. Une sortie en cours a été annulée, et les enfants sont en cours de rapatriement, semble-t-il à Briançon. Une autre sortie, prévue lundi, également à Briançon, est reportée. La surveillance des lieux de culte va être renforcée, notamment sur les lieux de culte musulman.

Administrations. Les contrôles des accès aux administrations et aux collectivités locales vont être renforcés. Une réunion de l’ensemble des chefs des services de l’Etat est prévue ce lundi matin à la préfecture pour préciser un certain nombre de règles.

Militaires. Pour ces différentes mesures, il n’y aura pas de renforcement des effectifs de la police ou de la gendarmerie. Le préfet rappelle au passage que « la moitié du 4e régiment de chasseurs » est mobilisée à Paris pour l’opération Sentinelle, afin de sécuriser les lieux sensibles.

Manifestations spontanées de solidarité et minute de silence. Le préfet demande d’éviter « les mouvements spontanés jusqu’à lundi. Il n’est pas question de les interdire mais il s’agit de les éviter. Nous préférons que ce soit des rassemblements plus organisés et mieux encadrés. Nous souhaitons également éviter de solliciter les forces de l’ordre pour ces manifestations spontanées ; elles ont autre chose à faire pour le moment. » En revanche, une minute de silence aura lieu ce lundi à midi dans toutes les communes de France. « Une demande est adressée aux chefs d’entreprise pour que, comme ce sera le cas dans les administrations, les salariés qui souhaitent observer cette minute de silence, puissent être libérés », indique M. Besnard. A Gap, la minute de silence aura lieu devant le monument aux morts, place Saint-Arnoux, où s’était déjà déroulé le rassemblement après les attentats de janvier dernier. A Laragne-Montéglin, ce sera devant l’hôtel de ville.

Réseaux sociaux. Le procureur de la République de Gap a rappelé qu’il « y a des lois qui interdisent l’appel à la violence, l’apologie du terrorisme, les propos racistes ou visant des communautés. Je souhaite éviter que la douleur ne se transforme en pugilat. »

Notre photo : le préfet Pierre Besnard et le procureur Raphaël Balland,
entourés du directeur de cabinet du préfet, Matthieu Doligez,
du commissaire Pascal Manicacci, directeur départemental de la sécurité publique,
du colonel Christian Flagella, commandant du groupement de gendarmerie,
et du secrétaire général de la préfecture, Yves Hocdé


+ Sur le même sujet...