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Radiothérapie Chicas Gap (10)

Gap : pérennisée par un accord avec l’IPC, la radiothérapie a progressé de 26% en 2014

Un partenariat gagnant-gagnant. Yann Le Bras, directeur du Chicas (Centre hospitalier intercommunal des Alpes du Sud), et Philippe Marchand, secrétaire général de l’Institut Paoli-Calmette (IPC, centre anti-cancéreux de Marseille à vocation régionale), ont présenté, ce vendredi à Gap, « le bilan d’une coopération fructueuse autour de l’activité de radiothérapie ». Depuis septembre 2013, le service de radiothérapie du Chicas a en effet pu être pérennisé grâce à l’implication de l’IPC, dont il est devenu une antenne. Grâce à cet accord, non seulement le service a pu être maintenu, mais il a vu son activité se développer fortement : 8692 séances ont été réalisées en 2014, soit une progression de 26%! Cela a permis de traiter 380 patients à Gap en 2014, à raison de 30 à 40 par jour. « C’est vraiment un succès », s’est félicité M. Le Bras.

M. Michard a rappelé que le service de Gap aurait dû disparaître au regard des « critères quantitatif et qualitatif de l’Inca (Institut national du cancer). Nous avons fait en sorte de le maintenir sous l’égide de l’IPC. Cela évite aux patients un trajet vers Grenoble, Aix-en-Provence ou Marseille pour des traitements de 5 à 7 semaines, à raison de cinq jours par semaine. Aujourd’hui, vous avez à Gap une unité qui est en miroir complet de celle de l’IPC, avec les mêmes machines, les mêmes protocoles… Tous les patients ne peuvent pas être pris en charge à Gap, mais l’intérêt est d’accueillir ici ceux qui peuvent y être traités. Il faut s’en réjouir pour les patients mais aussi pour l’assurance-maladie qui aurait à prendre en charge des déplacements coûteux. »

L’arcthérapie modulée, une technique permettant de préserver les cellules saines

Le Dr Resbeut, radiothérapeute de l’IPC à l’initiative de cette coopération, a rappelé que « près des deux tiers des patients cancéreux ont besoin à un moment donné d’une irradiation ». Il a expliqué que le service avait développé « l’arcthérapie modulée », qui permet d’adapter l’intensité à chaque patient afin d’être le plus efficace possible, tout en préservant les cellules saines. Ce qu’il a illustré par ce propos imagé : « La radiothérapie, ça consiste à marcher sur un fil entre une dose excessive, qui serait dangereuse, et une dose insuffisante, qui n’affecterait pas la tumeur. »

Cette technique permet également de réduire le temps d’irradiation, qui se limite à 85 secondes là où il pouvait atteindre 15 à 30 minutes auparavant. « C’est un meilleur confort pour le patient, qui peut avoir des dispositifs de contention pendant le traitement, a souligné le Dr Resbeut. Mais cela permet surtout de réduire la probabilité d’erreur de balistique (choix du nombre de faisceaux, de leur orientation, de la taille des champs, NDLR) du fait de la diminution du temps d’irradiation et donc d’un risque de mouvement du patient. »

Revenant sur cette coopération avec l’IPC, le Dr Joël Constans, président de la commission médicale du Chicas, a relevé « qu’on ne pourra pas avoir de service de qualité et de proximité sans s’appuyer sur des établissements plus importants ». Ce qu’illustre bien le parcours de prise en charge d’un patient sur lequel on a diagnostiqué un cancer : « Nous avons une discussion en visioconférence avec le centre de référence (l’IPC en l’occurrence) pour déterminer le traitement le plus adapté, lors d’une RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) », a détaillé le Dr Bertolino, chef du pôle médical. « Il est ensuite orienté soit vers le Chicas, soit vers un centre expert. Mais tout est décidé en concertation. » M. Marchand a reconnu que « c’est un parcours du combattant pour le cancer. L’approche est forcément pluridisciplinaire : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie. Cette collaboration entre le Chicas et l’IPC assure au patient qu’il aura le parcours le plus adapté à sa pathologie. »

Philippe Marchand a d’ailleurs relevé que cette coopération dépassait la seule radiothérapie : « Un chirurgien spécialisé en reconstruction mammaire vient à Gap une fois par mois et nous collaborons aussi sur l’hématologie entre autres. » Quant au service de radiothérapie de Gap, il accueille une nouvelle radiothérapeute détachée par l’IPC, le Dr Tallet, qui va succéder au Dr Resbeut, futur retraité. Elle travaillera aux côtés du Dr Dinca, radiothérapeute du Chicas, M. Rolland, radiophysicien du Chicas, et M. Plissonneau, cadre de santé du service.

Photo (de gauche à droite) : M. Marchand (IPC), M. Plissonneau,
le Dr Resbeut, M. Rolland, le Dr Tallet, le Dr Dinca
et M. Le Bras (directeur du Chicas)

 


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