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Elections régionales Gap (17)

Régionales : Castaner confirme son retrait, la gauche divisée face au second tour

[Mis à jour à 23h40]
Les prises de position de nombreux militants et élus socialistes et de gauche (dont la plupart des candidats haut-alpins) et les 2562 signatures recueillies en 24 heures sur une pétition en ligne n’y auront rien fait. Christophe Castaner, tête de liste PS-PRG-MRC aux élections régionales, s’est conformé à la décision du bureau national du PS et du Premier ministre, Manuel Valls, et n’a pas déposé de liste pour le second tour. Celui-ci se résumera donc à un duel entre Marion Maréchal-Le Pen (FN) et Christian Estrosi (Les Républicains-UDI-MoDem). Il n’y aura donc plus d’élus de gauche au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur pendant les six prochaines années.

Faubert et Graglia ne voteront pas Estrosi

De nombreux élus et électeurs de gauche laissent cependant entendre qu’ils ne voteront pas pour Christian Estrosi. Vincent Faubert, secrétaire de la section PS du Briançonnais et n°3 sur la liste socialiste dans le département, annonce ce mardi qu’il va rendre sa carte du PS pour montrer sa « désapprobation de cette stratégie suicidaire ». « Je ne pourrai pas me résoudre à voter pour un candidat de droite extrême dimanche prochain », indique M. Faubert. « J’irai quand même voter comme je l’ai toujours fait. Mais je déposerai un bulletin blanc ou nul dans l’urne pour montrer que je ne me retrouve absolument pas dans l’offre politique proposée : Droite extrême contre extrême Droite, peste ou choléra… Se désister, c’est alimenter encore davantage la désaffection des Français envers leur classe politique. Pas besoin d’être grand politologue pour saisir que cette attitude, peu soucieuse de la représentativité des instances démocratiques ne fait qu’augmenter la colère de ses sympathisants et grossir leurs rangs. Se désister, ce n’est pas prendre ses responsabilités et empêcher l’extrême droite d’occuper des fonctions exécutives dans une région, contrairement à ce que voudraient nous faire croire Solférino et Matignon, une grande majorité de nos électeurs n’étant pas prêts à voter Estrosi comme ils ont pu voter Chirac en 2002. »

Dans un texte publié sur sa page Facebook, Christian Graglia, directeur de campagne de la liste de Christophe Pierrel dans les Hautes-Alpes et ancien conseiller général de Gap, explique lui aussi qu’il ne votera « pas Estrosi. L’imposition faite à Christophe Castaner par les instances nationales du PS est pour moi incompréhensible. Comment peut-on imaginer que l’ensemble des forces de gauche de cette région pourraient voler au secours d’un candidat sarkozyste pur sucre, qui n’a cessé de trainer la Gauche dans la boue, et dont le résultat de dimanche est bien inférieur à ce qu’il espérait? Le premier tour des régionales présage hélas, quoi qu’il arrive, le succès de Mme Maréchal-Le Pen dimanche prochain. Et je doute que la simple opposition de la droite républicaine puisse demain suffire à limiter les débordements du Front national qui va faire de notre région un laboratoire pour ses idées. Nous serons nombreux à gauche, dimanche 13, à refuser de voter pour Christian Estrosi. »

Pierrel appelle à « la résistance dans les urnes » contre le FN

Tout en jugeant Christian Estrosi responsable de « la poussée historique du FN dans notre région et dans notre département à force de reprendre les idées populistes de l’extrême droite sur l’immigration ou la sécurité », Christophe Pierrel, tête de liste PS dans les Hautes-Alpes, considère qu’il faut « nous battre » contre le Front national, pour ceux « qui souffriraient encore plus durement de l’accession du FN à la présidence de notre Région ».

« Le retrait républicain ne peut pas être la solution éternelle dans la lutte contre le FN », ajoute M. Pierrel. « Nous ne gagnerons ce combat que si nous savons rester solides en défendant à chaque instant nos valeurs humanistes et de gauche ! Au-delà de la résistance dans les urnes que nous devons leur opposer, il faut dès à présent s’atteler à reconquérir les têtes et les coeurs dans notre département, autour de nos idées et de nos convictions. »

Estrosi annonce la création d’un « conseil territorial » associant les représentants de la gauche, s’il est élu

De son côté, Christian Estrosi s’emploie à donner quelques gages à la gauche. Il indique, ce mardi, qu’il créera un « Conseil territorial qui permette à ceux qui ont fait le sacrifice de ne pas être candidats au second tour par esprit républicain de pouvoir s’exprimer et se prononcer sur la vie de la collectivité. Je réunirai également une fois par an une session à laquelle je convierai toutes les forces politiques de la région qui auraient pu avoir des élus et à qui je donnerai la parole. Je crois dans le débat démocratique et en la confrontation d’idées. Enfin, je m’engage à consulter les représentants des différents partis avant les temps forts de la vie du Conseil régional. Je pense notamment au budget ou encore aux investissements importants que j’entends engager si je suis élu. »

Pour M. Estrosi, « la question n’est aucunement celle d’un Front républicain qui est une invention du Front national pour se victimiser mais de la représentation démocratique de chacun ! C’est aussi cela le choix de dimanche prochain. Le choix d’un président qui ne dirigera pas au nom d’un clan sectaire mais avec le souci de rassembler les 5 millions de Provençaux, d’Alpins et d’Azuréens et respectera les électeurs de tous les candidats y compris ceux qui ont fait le choix de se retirer au second tour et de ne pas avoir de représentant. »

Le PCF et les mutuelles de France appellent à voter Estrosi

La fédération du PCF des Hautes-Alpes appelle implicitement, ce mardi, à voter en faveur de Christian Estrosi. « Dans un second tour opposant la droite et l’extrême droite, les électrices et électeurs de gauche auront un choix difficile à faire », reconnaît le PCF. « Les communistes ne peuvent se résoudre à voir l’extrême droite mettre en œuvre son projet haineux et destructeur de lien social et de la République. Avec le FN à la présidence de la Région, quel avenir pour les associations ? Quel avenir pour les 5000 agents de la Région ? Quel avenir pour le planning familial ? Face à cette menace réelle, les communistes appellent à ne pas laisser le FN faire main basse sur la Région PACA. »

Face à une « perspective catastrophique pour notre modèle social et au-delà pour notre modèle de société », les Mutuelles de France considèrent que « l’enjeu dépasse le débat politique classique. Il s’agit de défendre notre démocratie et de préserver la République. Compte tenu de cette situation, la Fédération des mutuelles de France appelle tous les citoyens à aller voter le 13 décembre et, en fonction de la situation de chaque région, à utiliser leur bulletin de vote de la façon la plus efficace possible pour faire barrage au Front national. »

Michel Vauzelle, président sortant (PS) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, considère que « la défense de la République nécessitait cette réponse responsable du Parti socialiste ». Il appelle à voter pour Christian Estrosi au second tour.

Eyméoud et Didier : « Ne perdons pas six ans »

Dans un communiqué, Chantal Eyméoud, tête de liste LR-UDI-MoDem dans le département, et Roger Didier, maire de Gap, estiment que, « par ce vote FN historique, les électeurs ont exprimé leur forte inquiétude, leur désarroi, face à la situation de la France : insécurité, chômage, absence de perspective d’avenir. Nous devons l’entendre, nous en avons le devoir ! Le vote extrême ne peut pas constituer une perspective crédible au regard des enjeux de notre temps. Le vote extrême ne peut que conduire au conseil régional des élus inexpérimentés, guidés par des idéologies dangereuses. Les Haut-Alpins ont besoin d’élus proches d’eux, qui connaissent et aiment notre territoire ! Ne perdons pas six ans. »

Quant au MoDem, qui soutenait la liste de Christian Estrosi dès le premier tour, il appelle les électeurs « à faire barrage aux idées extrêmes et sectaires qui conduiraient à une division des citoyens et une régression économique et sociale, en exprimant pour le deuxième tour de cette élection un choix qui préservera le pluralisme, les valeurs solidaires et humanistes ».


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