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conseil municipal Gap

Intercommunalité : le conseil municipal de Gap contre la carte du préfet

11 Déc 2015 - 18:12

Le conseil municipal de Gap s’est réuni en séance extraordinaire ce vendredi après-midi pour se prononcer sur une seule question : la proposition du préfet d’élargir la communauté d’agglomération de « Gap en plus grand » (qui comprend aujourd’hui Gap, Pelleautier et La Freissinouse) en y adjoignant la communauté de communes de Tallard-Barcillonnette et les communes bas-alpines de Curbans et Claret au 1er janvier 2017. La nouvelle entité étant baptisée Gap-Tallard-Durance.

Les maires de Tallard et de La Freissinouse sont venus écouter les débats. Et ils n’ont pas été surpris par la position du maire de Gap Roger Didier, contre le projet. « La loi dit que ces intercommunalités doivent se conformer au bassin de vie et d’emploi. Or ça ne correspond pas du tout selon une étude de l’Insee. Le plus gros flux se situe entre Gap et La Bâtie-Neuve : 621 actifs viennent travailler sur Gap et 110 Gapençais se rendent quotidiennement à La Bâtie. Toutes les autres communes de l’Avance, y compris Chorges, ont des relations fournies avec Gap. On pourrait aussi y ajouter la com com de Serre-Ponçon, mais aussi La Roche-des-Arnauds et Manteyer. La vie des Rochois se passe plus à Gap qu’à Veynes mais cela appauvrirait la com com dans laquelle ils sont. »

« Ras-le-bol de cette politique de petits pas »

Le maire de Gap souhaite donc une agglomération bien plus large que celle proposée par le préfet pour « permettre une vision cohérente et ambitieuse ». Pour lui, l’adoption de ce périmètre « se fera un jour ou l’autre » alors autant le faire immédiatement. « Nos concitoyens n’en ont-ils pas ras-le-bol de cette politique de petits pas ? On va faire en trois fois ce que l’on peut faire en une ! », s’agace M. Didier. Le maire explique ensuite que le préfet voyait mal comment l’application d’une telle communauté d’agglomération serait possible vu les « divergences politiques de ces territoires ». « Il faut aller au-delà, gommer nos différences », répond le maire.

La conseillère d’opposition Karine Berger (PS) est favorable à la proposition du préfet. « C’est une augmentation très conséquente du nombre d’habitants, géographique et économique puisque la com com de Tallard est une zone très dynamique. Dans les souhaits que vous formulez, M. le maire, il y a deux dimensions à prendre en compte : la volonté des populations, qui est défavorable à une alliance avec Gap, et le fait qu’à l’instar de La Roche-des-Arnauds, La Bâtie-Neuve est indispensable à la com com de l’est de Gap. Le préfet a essayé de respecter la volonté des populations et l’équilibre économique. »

Bernard Jaussaud (PS) craint qu’en votant contre, Gap ne se retrouve dans sa position actuelle. « Telle qu’elle est, cette communauté d’agglomération n’aurait jamais dû voir le jour. Le pire est de risquer de nous retrouver dans la situation actuelle. » M. Jaussaud avait pourtant exprimé ses réserves quant au projet préfectoral lors de la réunion de la CDCI (commission départementale de coopération intercommunale).

Jean-Claude Eyraud : une contre-proposition plutôt qu’un vote

Comme le maire, Jean-Claude Eyraud (Gauche-Tous capables) est contre le périmètre souhaité par le préfet, mais à contrecœur. « On ne peut pas être en chantier en permanence. Mais je crains que si l’on vote contre, on se tire une balle dans le pied. » Le conseiller d’opposition a donc émis une idée à laquelle a adhéré Karine Berger : « Je propose que l’on décide de ne pas se positionner sur le schéma du préfet mais d’ajouter un amendement dans lequel on fait la contre-proposition d’élargir ce périmètre. On ne peut pas être que défensif sur ce dossier. »

Le maire a décidé de couper court à cette idée en rappelant les propos du préfet dans le courrier accompagnant le projet de schéma : « A défaut de délibération de la commune dans les deux mois, l’avis sera considéré comme favorable. Je ne le souhaite pas », a argué le maire.

A la majorité, le conseil municipal de Gap s’est prononcé contre le schéma du préfet ; les six voix favorables émanant du PS et de Guy Blanc.


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