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Canal de Gap, Saint-Jean-Saint-NicolasCanal de Gap, Saint-Jean-Saint-Nicolas

Gap : l’inextricable enjeu de l’alimentation en eau potable

Le collectif Drac est venu rappeler, au début du conseil municipal, ce vendredi, les raisons de son opposition à la mise en place de périmètres de protection de la prise d’eau des Ricous et à la poursuite des prélèvements des eaux de surface pour l’alimentation des habitants de Gap. Et, comme nous l’avions annoncé, Jean-Claude Eyraud (groupe Gauche-Tous capables) a interrogé le maire de Gap sur les raisons de son renoncement, au moins provisoire, à mettre en œuvre un captage alternatif pour l’eau potable. Car une solution existe avec la nappe souterraine des Choulières, à Saint-Léger-les-Mélèzes, à même de fournir une eau de qualité, qui ne nécessiterait pas de traitement. « Pourquoi préférer une eau traitée à une eau de qualité ? » s’est demandé M. Eyraud. Un questionnement qu’ont repris à leur compte Karine Berger et Bernard Jaussaud (PS).

Mais cette question qui pourrait paraître de bon sens se heurte à un principe de réalité, que Roger Didier a longuement détaillé. L’enquête publique, qui vient de s’achever et qui porte sur la création de périmètres de protection du captage des Ricous, a été initiée par l’Asa du Canal de Gap. « Ca résulte du jugement qui lui a permis de poursuivre son prélèvement aux Ricous », a expliqué le maire. « Ce n’est pas moi qui l’ai autorisé, c’est le tribunal. »

Sur le fond, la municipalité souhaiterait évidemment avoir recours à la nappe profonde des Choulières et « amener de l’eau que nous n’aurions pas besoin de traiter, si ce n’est pas ultraviolets, aux dires d’un technicien des services de l’Etat, et qui est en quantité suffisante pour alimenter Gap et plusieurs communes du Champsaur ».

Le hic, c’est que « nous sommes liés au Canal de Gap par une convention qui date de 1964 et qui court jusqu’en 2049. Quoi qu’il arrive, tant au niveau de la réservation que des débits réservés, nous devons 208.000 à 268.000€ par an à l’Asa pour assurer son équilibre économique. »

« L’eau coûterait trois à quatre fois plus cher »

Or, l’exploitation de la nappe des Choulières générerait des coûts. D’investissement en premier lieu : 9 à 12 M€ seraient nécessaires pour assurer le pompage, créer une conduite jusqu’à Gap et un réservoir souterrain de 15.000 m3. « On peut espérer 60 à 70% de subventionnement, mais il nous faudrait quand même payer la différence », a relevé M. Didier. S’y ajouterait le coût de fonctionnement, « que la Ville de Gap devrait prendre en charge à 90% » et qui est estimé entre 200.000 et 400.000€. Dont la location des installations du Canal de Gap « pour y faire passer un adducteur spécifique ».

« Je ne veux pas faire payer inutilement les Gapençais pour aller chercher de l’eau qui est effectivement de bonne qualité », a résumé le maire. « L’eau ne coûterait plus 13 centimes mais trois à quatre fois plus cher ! »

Pour la municipalité, la seule solution passe donc par une renégociation de la convention avec l’Asa du Canal de Gap, qu’il n’y a « aucun moyen de dénoncer ». « Nous sommes d’accord pour que le Canal de Gap trouve d’autres moyens d’assurer son équilibre économique. Nous sommes d’accord pour qu’il puisse exploiter sa microcentrale électrique et qu’il en crée une autre. Une médiation a été tentée par les services de l’Etat. Mais le Canal de Gap refuse la discussion. Nous ne pouvons pas être bailleurs de fonds du Canal de Gap et des communes du Champsaur ! Il n’y a pas marqué « Crésus » sur mon front ! Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles que nous ne sommes pas. »

« On entre dans une mécanique infernale », a constaté M. Eyraud.

« Je sais tout cela, mais mon objectif n’est pas ailleurs que de défendre les intérêts des Gapençais »,  a conclu Roger Didier. « Je ne fais pas d’erreur dans cette affaire. »


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