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Gendarmerie Monte-Carlo

Etat d’urgence : le rallye Monte-Carlo peut-il être victime de l’indisponibilité des gendarmes?

Tout le monde se veut rassurant. A la préfecture des Hautes-Alpes comme à l’Automobile-club de Monaco (ACM), on se demande même s’il est bien nécessaire d’écrire un article qui risquerait de susciter une crainte quant à une éventuelle annulation du rallye Monte-Carlo. « Toutes les CDSR (commissions départementales de sécurité routière) se sont déroulées sans souci, on ferme les inscriptions dans trois jours, on travaille à l’organisation, on ne parle que de sport », indique-t-on à Monaco. « Toute l’organisation n’est pas remise en question, nous travaillons pour faire en sorte que le rallye puisse se dérouler normalement », insiste-t-on au cabinet du préfet Pierre Besnard. « Il n’y a aucune raison de croire le contraire. » D’ailleurs, après Sébastien Ogier ce dimanche, c’est son coéquipier Jari-Matti Latvala qui s’entraîne sur les routes du département en vue du Monte-Carlo. Et le rallye du Var, dont la durée est certes plus courte, a pu se dérouler sans encombre, fin novembre, quinze jours après les attentats meurtriers de Paris.

Alors, bien sûr, personne n’ose imaginer que le 84e rallye Monte-Carlo, qui ouvrira le championnat du monde WRC du 18 au 24 janvier 2016, puisse ne pas avoir lieu faute de renforts de forces de l’ordre. Le risque a cependant été évoqué par le préfet lui-même, la semaine dernière, lors de la réunion de la CDSR à Gap. La sécurisation du rallye (fermeture des routes, sécurité du public) nécessite en effet la mobilisation de plus de 900 gendarmes sur les cinq journées du rallye proprement dit, ainsi que de CRS pour le shakedown (la séance de mise au point), qui se déroulera à La Garde à Gap, le 20 janvier. Lors de la précédente édition, 1448 militaires étaient présents sur l’épreuve.

La difficulté, c’est que la France est en état d’urgence et que les effectifs de gendarmerie mobile et de CRS sont affectés à des missions relevant du plan Vigipirate. Or, pour faire face aux nécessités du rallye, les trois départements concernés (Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Alpes-Maritimes) ont toujours recours à des renforts. Et, pour l’heure, il n’y a pas eu de décision de mise à disposition des effectifs de gendarmerie mobile et de CRS.

La décision du ministère de l’Intérieur est attendue d’ici la fin du mois. Elle dépendra aussi du niveau de risque d’attentat d’ici le rallye et des besoins liés à l’état d’urgence.


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