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Pierre Besnard Philippe Court

Le préfet Pierre Besnard nommé dans le Tarn-et-Garonne, Philippe Court lui succédera

[Mis à jour à 23h15]
Le préfet des Hautes-Alpes Pierre Besnard a été nommé préfet du Tarn-et-Garonne ce mercredi matin, en conseil des ministres. Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2016 à Montauban. Pierre Besnard cède sa place à Philippe Court, actuel directeur adjoint du cabinet du président du Sénat, Gérard Larcher.

Classé à droite, M. Court, 43 ans, est issu de l’école Polytechnique et ingénieur en chef des ponts-et-chaussées. Il a été directeur de cabinet du secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat de 2004 à 2005 Eric Woerth ; directeur de cabinet de Xavier Darcos, ministre de l’Education puis ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville de 2007 à 2010 ; sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Germain-en-Laye de 2010 à 2014.

Pierre Besnard était en poste à Gap depuis juillet 2013. Il aura donc passé près de 32 mois dans le département, soit la longévité la plus longue enregistrée depuis Jean-François Savy, préfet de 2005 à 2008. De 2008 à 2013, le département avait connu quatre préfets différents : Nicole Klein, Nicolas Chapuis, Francine Prime et Jacques Quastana.

Pierre Besnard va laisser en plan quelques dossiers brûlants

M. Besnard, qui avait été précédemment chef de cabinet du président de la République François Hollande pendant un an, avait été directeur de cabinet du précédent président du Sénat, Jean-Pierre Bel. Homme au franc parler et à la bonne humeur communicative, ce Breton avait su se faire apprécier dans les Hautes-Alpes par une belle capacité à prendre le taureau par les cornes et par une bonhomie éloignée de certains de ses prédécesseurs cérémonieux…

Certes, il ne s’est pas fait que des amis dans le département. Très vite, des étincelles avaient marqué ses relations avec Jean-Michel Arnaud, président de l’association des maires et alors premier vice-président du conseil général. Les relations étaient aussi devenues exécrables avec le maire de Gap, Roger Didier, notamment en raison de leur différend sur le prix de vente de terrains communaux nécessaires à la construction de la rocade de Gap. Les agriculteurs avaient eux aussi une dent contre lui après l’intervention des CRS pour évacuer des manifestants et détruire les murs qu’ils avaient élevés devant la préfecture pour protester contre la présence du loup. Même si cette intervention musclée avait été décidée en plus haut lieu…

Le préfet va laisser en plan quelques dossiers brûlants. Dont la carte de l’intercommunalité. A l’exception du Champsaur-Valgaudemar, du Guillestrois-Queyras et de Serre-Ponçon, ses arbitrages dans le Briançonnais, le Gapençais et le Buëch sont contestés par un certain nombre d’élus. De nombreuses votes défavorables sont intervenus jusqu’à la date butoir du 15 décembre. Quelles seront les conséquences de son départ au milieu du gué, sachant par ailleurs que le secrétaire général de la préfecture, Yves Hocdé, n’est arrivé dans le département que depuis quelques semaines? Nul ne le sait. Mais les opposants à ce projet se prennent à espérer… Ce mardi soir, devant le conseil communautaire du Gapençais qui votait un avis défavorable à sa fusion avec la communauté de communes de Tallard-Barcillonnette, Roger Didier rappelait une nouvelle fois que « les préfets passent ». L’adage aura été vérifié dès le lendemain. Le dossier du Canal de Gap et de l’alimentation en eau potable de Gap restera aussi inachevé et le feuilleton va se prolonger de plus belle. Les opposants au projet de rénovation électrique Haute-Durance et les élus qui les soutiennent devront quant à eux reprendre leur bâton de pèlerin pour tenter de convaincre son successeur de suspendre les travaux en attendant l’issue des recours déposés.

La députée (PS) Karine Berger lui a rendu hommage dans un tweet : « Tous mes remerciements au préfet Besnard pour le grand travail accompli dans le 05 avec dynamisme et clarté! »

C’est en fait un vaste mouvement préfectoral qui a été décidé, ce mercredi matin. Pas moins de 23 préfets ont ainsi été mutés. Il est provoqué par la naissance officielle des nouvelles régions au 1er janvier 2016, qui va entraîner la disparition de nombreux postes de préfets de région. La préfète des Alpes-de-Haute-Provence, Patricia Willaert, est elle aussi mutée dans le Sud-Ouest, dans le Lot-et-Garonne. Bernard Guérin, sous-préfet de Brest, lui succédera.


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