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Philippe Cottet et Christian SchullerPhilippe Cottet et Christian Schuller

Les priorités de Christian Schuller, nouveau secrétaire général de la CGT 05

22 Déc 2015 - 17:12

Après neuf ans passés à la tête de l’union départementale CGT, Philippe Cottet vient de quitter ses fonctions de secrétaire général. Il est remplacé par Christian Schuller, un contrôleur des impôts de 56 ans, responsable du syndicat Impôts et Finances et jusqu’ici secrétaire départemental de la CGT. Il a été élu le 10 décembre par la commission exécutive de la CGT. M. Cottet restera actif puisque cet enseignant est désormais vice-président du Ceser (comité économique, social et environnemental régional) de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où siègent douze représentants de la CGT.

Parmi les priorités du nouveau secrétaire général de la CGT des Hautes-Alpes figurent les élections dans les entreprises de moins de 11 salariés. Programmées en novembre et décembre 2016, elles vont permettre aux salariés des TPE de désigner leurs représentants au niveau régional, ce qui constituera une première. « Nous aurions souhaité des représentants de proximité, au niveau des zones d’activité, mais ce n’est prévu pour le moment qu’au niveau régional », regrette Christian Schuller.

Ces élections vont également permettre de mesurer la représentativité des différents syndicats au niveau départemental. En prenant également en compte les résultats des élections dans les comités d’entreprise des PME de plus de 50 salariés et des délégués du personnel dans celles de 11 à 49 salariés, cette consultation sera la base de la désignation, fin 2017, des conseillers prud’homaux, puisque ceux-ci ne seront désormais plus élus.

Les prud’hommes sont une autre préoccupation de la CGT. « Le mandat des conseillers sortants a été prolongé jusqu’à la fin 2017 et nous avons une situation catastrophique au conseil de prud’hommes de Gap, comme dans toute la France, puisque, de ce fait, certains conseillers ne siègent plus et cela ne permet pas de fonctionner correctement aujourd’hui », observe Philippe Cottet. « Nous pensons qu’il y a une volonté de tuer les prud’hommes en disant que le système ne fonctionne plus, alors que tout est fait par le gouvernement pour qu’il en soit ainsi. »

La CGT redoute « une catastrophe sociale » pour les saisonniers, cet hiver

Autre priorité de Christian Schuller : les travailleurs saisonniers. « Un certain nombre d’entre eux sont dans une précarité très importante », note-t-il. « Nous demandons une date minimum d’embauche même s’il n’y a pas de neige, car cela pose des problèmes d’indemnisation par la suite. Nous demandons la mise en oeuvre de l’activité partielle (ex-chômage partiel, NDLR) et l’élargissement de cette possibilité à tous les employeurs de saisonniers, quelle que soit leur traille. » M. Cottet redoute « qu’on s’oriente vers une catastrophe sociale » cet hiver.

En quittant ses fonctions, Philippe Cottet appelle aussi à la pérennisation de la commission paritaire interprofessionnelle départementale (CPID) : « C’est unique en France et c’est un lieu de dialogue social incontournable dans un département où il y a essentiellement des petites entreprises. Nous avons pu y travailler sur la formation des saisonniers ou les risques psycho-sociaux notamment. » Cette commission réunit les cinq syndicats de salariés représentatifs, ainsi que l’UPE (Union pour l’entreprise), l’UPA (Union professionnelle artisanale), l’Udess (Union départementale de l’économie sociale et solidaire) et la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).

Christian Schuller appelle à « la défense et à la promotion des services publics, qui subissent des suppressions de postes et d’implantations », en insistant sur « les problèmes d’accès à la santé ». Philippe Cottet s’inquiète d’ailleurs de « la généralisation des Maisons de services au public par la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République). C’est très bien si ça vient en plus dans les endroits où il n’y a plus de services publics, pas si c’est pour remplacer des services existant. » Il prend l’exemple de La Poste : « Il y a un réel problème sur le courrier à Gap, avec, en plus, une réelle dégradation de la qualité de travail des facteurs. Comment peut-on être efficace quand on recrute des contractuels et qu’on limite leur contrat à trois ou six mois. Il ne faut pas s’étonner que des prospectus finissent ailleurs que dans les boîtes aux lettres! »

Enfin, M. Schuller rappelle une revendication de la CGT « qui peut paraître incongrue : nous demandons le passage aux 32 heures. Les projections à dix ans montrent que les nouvelles technologies vont entraîner la suppression de 3 millions d’emplois en France. Il y a beaucoup de choses à revoir sur la répartition des richesses. »