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Jean-Marie Bernard

Le Département va réduire ses subventions aux associations et aux communes en 2016

Le budget primitif 2016 sera soumis au conseil départemental des Hautes-Alpes le 2 février prochain. Sans en dévoiler le détail, le président Jean-Marie Bernard en a cependant donné quelques points-clés, ce jeudi, devant la presse : comme il l’avait annoncé, le budget de fonctionnement sera en baisse de 3 millions d’euros (sur un total de 168 M€). « Nous allons faire des économies sur le fonctionnement des services et les aides aux associations. On ne fera pas de baisse systématique comme certains peuvent le faire (la Ville de Gap en particulier, NDLR) mais le budget des associations va diminuer de 10% globalement. Nous regarderons les conséquences pour chaque association. »

Les communes devront aussi se serrer la ceinture : alors qu’elles ont obtenu près de 12,9 M€ en 2015 pour 362 opérations (générant plus de 61,7 M€ d’investissements), elles devront se contenter « d’un montant moindre en 2016. Nous aurons une nouvelle politique en direction des communes, qui tiendra compte de nos priorités et du fait qu’elles puissent recevoir d’autres cofinancements ». En revanche, il n’est pas question pour la majorité départementale d’augmenter la fiscalité, « au moins pour l’instant ». Au demeurant, observe M. Bernard, « il faudrait un vrai coup de massue sur les taux pour que cela porte des fruits, et c’est hors de question aujourd’hui ».

Dans ce contexte budgétaire contraint, Jean-Marie Bernard espère cependant qu’une bonne nouvelle arrivera du gouvernement avant le 31 mars. Tous les départements exigent en effet que l’Etat révise son financement du RSA (revenu de solidarité active). En 2015, quelque 2757 foyers haut-alpins ont été allocataires du RSA, soit 14 M€ de dépenses pour le Département. Si l’on ajoute les 17 M€ consacrés à l’aide aux personnes âgées et les 18,7 M€ en faveur des personnes handicapées, la facture sociale est lourde. Et, après soustraction des financements reçus de l’Etat, il reste près de 20 M€ à la charge du conseil départemental, sachant que ces budgets augmentent chaque année. « Nous demandons que le reste à charge reste au niveau de 2014, ce qui nous ferait économiser 3 à 4 M€ », explique Jean-Marie Bernard.

Les lignes cadencées par autocar vont être revues à la baisse

Le président du Département est également revenu sur les prochains transferts de compétences des transports et de l’économie à la Région, ainsi que cela est fixé par la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République). « La Région va devoir réaliser des schémas, qui ne seront pas des intentions, mais qui seront normatifs et s’imposeront aux autres collectivités », rappelle M. Bernard. « C’est un enjeu fort de 2016 de nous impliquer dans ce chantier. Il faut qu’il y ait une bonne synergie entre ce que veut faire la Région et ce que nous voulons. Les propos qu’a tenus Christian Estrosi lors de son discours d’investiture en faveur de l’aide aux stations de ski sont de bon augure. »

En attendant que les transports reviennent à la Région (ce qui n’empêchera pas celle-ci de les déléguer aux Départements), le conseil départemental va poursuivre la gratuité des transports scolaires, qui bénéficient à 7000 élèves haut-alpins, mais s’interroge sur ses lignes régulières. « Nous avons du mal à faire émerger les transports en commun », constate Jean-Marie Bernard. « On n’a pas de grands résultats par rapport à ce que nous avons mis en place. On a du mal à les faire fréquenter. C’est quand même dommage de voir des cars vides entre Chorges et Gap alors que des gens prennent leur voiture et créent des ralentissements pour faire le même trajet. » Les liaisons cadencées qui ont été mises en place entre Chorges et Gap et entre L’Argentière-la-Bessée et Briançon vont être revues à la baisse : « Nous allons discuter avec les transporteurs pour réduire ces cadences certains jours, notamment le samedi, et à certaines heures où les cars ne sont pas fréquentés, pour limiter le coût de ces transports. »

« J’ai montré l’exemple aux conseillers régionaux en étant élu avec les voix de gauche… »

« Je suis satisfait de tourner la page sur 2015 », a déclaré Jean-Marie Bernard, en faisant manifestement référence aux heures sombres que la France a connues l’an dernier. « Même s’il n’y a pas eu que de mauvaises choses », a-t-il souri, en référence à son élection à la présidence du conseil départemental. « Pour une fois qu’un président a été élu avec les voix de gauche », a-t-il commenté. « Nous avons montré l’exemple puisque, en décembre, ce sont l’ensemble des conseillers régionaux (de la majorité) qui ont été élus avec les voix de gauche. Mais nous avons l’habitude de créer la surprise… Rappelez-vous 2004… Nous avions 18 conseillers généraux de droite et 12 de gauche, et nous avons eu un président de gauche (Auguste Truphème avait été élu au bénéfice de l’âge face à Alain Bayrou, à la suite de la défection de trois élus de centre-droit, NDLR). L’arithmétique a des contours parfois surprenants! »

Après ce propos, que Roger Didier et Jean-Michel Arnaud apprécieront à sa juste valeur, M. Bernard s’est aussi félicité de « l’ambiance plus que sereine qui règne au sein du conseil départemental. C’est peut-être dû au renouvellement, mais il y a davantage d’implication et de motivation. On travaille les choses plus à fond et ça doit déboucher sur des choses positives. »


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