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Palais de justice de Paris

Il y a bien un djihadiste né à Gap qui a été condamné après un séjour en Syrie

Un djihadiste né à Gap a bien été condamné pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actions terroristes, vendredi dernier, par le tribunal correctionnel de Paris. Sur la foi d’une information de l’AFP, nous avions écrit par erreur dimanche qu’il s’agissait de Ziyeid Souied, un Français qui se trouve encore en Syrie actuellement et qui serait un recruteur de djihadistes étrangers pour le compte de Daesh. C’est en fait son coprévenu, Zakaria Chadili, 28 ans, détenu depuis un an et demi, qui est originaire de Gap. Il a été condamné à six ans de prison. Le parquet avait requis sept ans d’emprisonnement, dont une peine de sûreté des deux tiers. « J’ignore tout de ses attaches avec le département, outre son lieu de naissance », indique le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, à L’e-media 05.

Zakaria Chadili avait rejoint la Syrie avec Souied, en janvier 2014. Il était resté pendant six mois au sein de Front Al-Nosra, un groupe syrien affilié à Al-Qaïda, avant de rentrer en France, où il avait été interpellé. Devant le tribunal, l’homme, à la barbe rousse fournie, avait raconté une radicalisation rapide à l’été 2013, au moment du jeûne du ramadan. Disant vouloir « se rapprocher de Dieu », il se brouille avec ses proches, enregistre sur son ordinateur des photos en hommage à Ben Laden, consulte la page Facebook d’un recruteur de djihadistes. Il a déclaré être parti parce que c’était son «devoir de musulman d’aider» les Syriens, victimes «d’horreurs» infligées par le régime de Bachar al-Assad. Mais après quelques mois d’entraînement, dont une seule mission d’observation avortée, et une période d’oisiveté, il a dit qu’il ne se «sentait pas utile».

Le président du tribunal souligne
la « volonté de réinsertion » de Chadili et sa « fragilité psychologique »

Tout en se disant toujours «salafiste», Zakaria Chadili a assuré s’être «remis en question» après son séjour syrien. Une « prise de distance » soulignée par son avocat, Me Martin Pradel, du barreau de Paris, qui a appelé le tribunal à ne «pas faire d’amalgame» avec les auteurs des attentats du 13 novembre.

En rendant son jugement, le président du tribunal correctionnel de Paris a dit vouloir concilier la « nécessaire répression » des faits et la « volonté de réinsertion » manifestée par le prévenu. Il a aussi évoqué la « fragilité psychologique » du prévenu, et un contexte familial « problématique » : des parents séparés, des rapports compliqués des enfants avec leur mère, une Française convertie au soufisme, mouvance mystique de l’Islam.


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