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porcs

Chabottes : le préfet favorable au projet décrié de ferme de 1000 porcs

Le projet d’élevage de 1072 porcs à Chabottes, envisagé à côté d’une porcherie existante de 494 places, est en bonne voie. Contesté par un collectif de riverains, la commune voisine de Saint-Jean-Saint-Nicolas et la SAPN (Société alpine de protection de la nature), le projet a reçu un avis favorable du conseil municipal de Chabottes. Un projet similaire avait déjà été autorisé il y a deux ans, mais la décision avait été annulée par le tribunal administratif. Interrogé ce vendredi, le nouveau préfet des Hautes-Alpes, Philippe Court, affiche son soutien au projet, qui « a vocation à renforcer la filière porcine locale ».

Actuellement, l’EARL des Vilettes exploite une porcherie qui produit environ 2500 porcs par an. Ces porcs sont élevés à Chabottes, avant de devoir être transportés jusqu’à une autre installation, dans l’Isère, pour y être engraissés. L’objectif de Serge Jousselme est de pouvoir engraisser ses porcs dans un bâtiment voisin.

La SAPN souligne que la nappe phréatique des Choulières, susceptible à terme de pouvoir alimenter la ville de Gap en eau potable, se situe dans ce secteur et qu’elle est « particulièrement vulnérable aux pollutions superficielles notamment celles provenant des élevages porcins ». Par ailleurs, le dossier « se limite à indiquer qu’il respectera les normes en vigueur en matière d’éloignement des sites et activités sensibles : habitations, sites naturels… », estime la SAPN. « Il n’engage pas le pétitionnaire à prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter et faire cesser les éventuelles nuisances dont pourrait être responsable l’installation projetée. » Enfin, l’association dénonce un choix « de type industriel », alors qu’il existe « des méthodes d’élevage non seulement moins productrices de pollutions et de nuisances, mais aussi produisant des viandes de meilleure qualité et susceptibles d’apporter des revenus plus élevés aux professionnels ».

« Nous sommes loin des grands élevages porcins français », observe le préfet

De leur côté, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs soulignent la nécessité de pérenniser la filière porcine des Hautes-Alpes, organisée au sein de la SICA « Le Montagnard des Alpes » qui se charge de la commercialisation locale des porcs. « Cette structuration ainsi que l’engagement dans la charte « porc montagne » leur a permis une meilleure valorisation et de garder des exploitations à taille humaine », estiment les deux syndicats agricole. « La production porcine s’est massivement engagée dans la prévention des pollutions et la préservation de la biodiversité au travers de mises aux normes de bâtiments et d’outils de stockage. Concernant les fumiers et lisiers, les éleveurs respectent un plan d’épandage strict prévoyant les dates et les quantités d’effluents par hectare. Par ailleurs, l’épandage de ces effluents permet une fertilisation organique au plus proche des besoins des cultures et remplace les engrais chimiques. »

Pour le préfet, « ce projet doit naturellement respecter les normes environnementales et nous y travaillons avec le porteur de projet. La porcherie serait située à 150 mètres de la première habitation, qui est une miellerie, et à 600 m du premier hameau. » M. Court observe que « nous sommes loin des grands élevages porcins français. On ne peut pas comparer ce projet à la ferme des 1000 vaches! 1000 porcs, c’est comme une ferme de 100 vaches. La filière locale fonctionne bien avec le porc de montagne. Ce projet a vocation à la renforcer. »

Photo d’illustration DR


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