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Depuis la partielle de Gap-1, la gauche représente un tiers du conseil départemental.Depuis la partielle de Gap-1, la gauche représente un tiers du conseil départemental.

Smadesep : le conseil départemental entérine la baisse de son financement

Comme l’avait annoncé le président, Jean-Marie Bernard, quelques jours plus tôt, le conseil départemental a décidé, ce mardi, de réduire sa participation financière au fonctionnement du Smadesep (Syndicat mixte d’aménagement et de développement de Serre-Ponçon). Le Département, impliqué statutairement à hauteur de 66%, entend réduire sa participation à 50% du budget de cette structure, qu’il a lui-même créée en 1997 pour aménager les berges du lac et le gérer. En 2015, le Département a financé le Smadesep à hauteur de 205.000€, outre « 100.000 à 200.000€ de cofinancement des investissements par an », a détaillé Patrick Ricou, vice-président aux finances.

« Serre-Ponçon est un atout majeur pour notre département », a souligné M. Bernard. « Mais, dans le contexte budgétaire qui est le nôtre, il est temps que les collectivités locales prennent leurs responsabilités. De nouvelles intercommunalités plus fortes sont en gestation autour du lac : elles doivent se saisir de sa gestion courante. Le Département a été le moteur de l’aménagement de ce territoire. Il restera toujours un partenaire aux côtés des collectivités. Cette réflexion vaut aussi pour la gestion des syndicats mixtes autour des stations du Champsaur et du Queyras. »

Une analyse partagée par Gérard Fromm (PS) : « Vous avez raison de dire que les collectivités locales doivent s’en emparer. C’est vrai que le Département a beaucoup investi depuis 15 ans dans le Queyras, le Champsaur et la Haute-Romanche. On ne peut pas continuer à soutenir, comme une corde soutiendrait le pendu, des structures qui seraient moribondes. »

Marc Viossat, conseiller départemental d’Embrun (divers droite) et candidat malheureux à la présidence du Smadesep l’an dernier, a fait part à l’assemblée de « l’inquiétude des professionnels et des élus par rapport au fait que le Département ne serait plus présent aux côtés du Smadesep. Ce ne peut être que progressif. Le Smadesep doit avoir une visibilité pour programmer ses investissements. Il faut que cette évolution soit acceptée, car, de toute façon, pour modifier les statuts, il faut que deux tiers des membres les approuvent. » Pour l’élu embrunais, « c’est un attrait touristique très fort et le lac a un retard d’aménagement, car, pendant plusieurs années, on s’est dit qu’on avait une rente de situation. N’oublions pas que la négociation avec EDF pour les vents de sable ou le niveau du lac se fait par le Smadesep. Il est important qu’une structure ait le poids nécessaire pour négocier. » Pour autant, a ajouté M. Viossat, « un effort doit être fait dans la gouvernance du Smadesep pour que la gestion soit partagée autour du lac ».

Valérie Rossi (PRG, Chorges), qui est également maire de Puy-Sanières, a émis « un point d’alarme » en soulignant que « la majorité des communes autour du lac sont petites avec de petits budgets ».

Un soutien est attendu de la part de la Région, Joël Bonnaffoux (PS, Chorges) rappelant que la maire d’Embrun, Chantal Eyméoud, est désormais deuxième vice-présidente du conseil régional. « Ce n’est pas impossible que la Région entre au sein du Smadesep », a estimé Marc Viossat, « mais encore faut-il que les Alpes-de-Haute-Provence s’y joignent aussi. »

Au final, la délibération a été adoptée par 26 voix pour et quatre abstentions. « Je vois que c’est un rapport qui convient à tout le monde », en a déduit Jean-Marie Bernard. Au sein du conseil départemental, c’est un fait. Au sein du Smadesep et pour son président Victor Berenguel, ce sera probablement une autre histoire…


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