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loup

Six loups de plus vont pouvoir être prélevés jusqu’au 30 juin, uniquement par des tirs de défense

15 Fév 2016 - 14:51

Le gouvernement envisage d’autoriser le prélèvement de six loups supplémentaires, en plus des 36 déjà autorisés pour la période 2015-2016 (1er juillet au 30 juin). Ce plafond est en effet en passe d’être atteint, puisque 34 loups ont été détruits à ce jour. Depuis le 23 décembre dernier, toutes les autorisations de tirs de prélèvement ont d’ailleurs été suspendues. Le préfet de la région Rhône-Alpes, coordonnateur national du plan Loup, a donc demandé aux ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture de relever ce plafond, afin que les éleveurs ne soient pas « dans l’impossibilité de défendre leur troupeau en particulier par la mise en œuvre des tirs de défense ». Le projet de nouvel arrêté, qui a été rejeté le 9 février dernier par le Conseil national de protection de la nature (CNPN), est actuellement soumis à une consultation du public sur internet jusqu’au 4 mars. Aucun nouveau tir de prélèvement ne pourra être autorisé, mais uniquement des tirs de défense, simples ou renforcés (pour deux spécimens).

Le gouvernement précise que cet arrêté n’entrera en vigueur que si le plafond initial de 36 loups détruits est atteint. « Si le seuil initial de 36 loups venait à être atteint, ce plafond supplémentaire contribuera à la prévention des prédations, en autorisant uniquement les tirs de défense réalisés avec des fusils de chasse à canon lisse (ces tirs ont une faible chance de détruire un loup mais leurs effets d’effarouchement sont reconnus) », indique le ministère de l’Ecologie. « Il est également prévu que deux des six loups puissent être prélevés par tirs de défense renforcée, mobilisant plusieurs tireurs dotés d’armes à canon rayé, à compter du 1er mai 2016. Ces tirs, plus susceptibles de détruire l’animal visé, permettront d’intervenir au cours de la période (du 1er mai au 30 juin) où la pression de la prédation est la plus intense (notamment lorsque les troupeaux sont dans les alpages) : les attaques de loups peuvent y être récurrentes et très importantes, et les seuls tirs de défense avec des fusils à canon lisse ne sont pas suffisants pour protéger les troupeaux. »

Pour l’association pro-loup Ferus, « l’Etat ignore éhontément les recommandations des scientifiques et malgré le vote défavorable du CNPN, il n’a qu’une idée en tête : faire plaisir au lobby de l’élevage et ce malgré les intimidations, violences et saccages d’une minorité qui en demande toujours plus. Ces tirs sont de la poudre aux yeux envoyée aux éleveurs. Le nombre supplémentaires de tirs en 2015 n’a pas permis de faire baisser la prédation sur le bétail. Entre 2014 et 2015, le nombre d’attaques sur les troupeaux imputées au « loup non exclu » a même augmenté de 4%, et le nombre de brebis indemnisées a augmenté de 2%. »


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