Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Le train de nuit Paris-Briançon.Le train de nuit Paris-Briançon.

Seuls deux trains de nuit continueront d’être financés par l’Etat, dont le Paris-Briançon

19 Fév 2016 - 14:36

[Mis à jour à 15h]
Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche, a présenté ce vendredi un point d’étape sur la feuille de route du gouvernement pour un nouvel avenir des Trains d’équilibre du territoire (TET). A cette occasion, M. Vidalies a annoncé le maintien du Paris-Briançon, qui sera le seul train de nuit, avec le Paris-Rodez / Latour-de-Carol, qui continuera d’être subventionné par l’Etat. Ces deux trains sont « indispensables en raison de l’absence d’une offre alternative suffisante pour les territoires concernés », observe le secrétariat d’Etat aux transports.

La fréquentation des trains de nuit est en baisse de 25% depuis 2011. Elle représente 25% du déficit des TET, alors qu’elle ne correspond qu’à 3% des voyageurs transportés. Chaque billet vendu nécessite plus de 100 € de subventionnement public en moyenne. Au 1er juillet 2016, l’Etat ne subventionnera plus les trains de nuit, en dehors de ceux desservant Briançon et Rodez. Pour les autres trains de nuit, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) sera prochainement lancé, pour évaluer toutes les propositions susceptibles d’être formulées sur ces autres lignes, y compris la prise en charge de l’exploitation par une autre collectivité.

De manière générale, les TET « ne répondent plus de manière satisfaisante aux attentes des voyageurs, en termes de dessertes comme de qualité du service », indique M. Vidalies. « Depuis 2011, la fréquentation a chuté de 20%, rendant l’exploitation de ces lignes financièrement insoutenable. Le déficit devrait dépasser 400 M€ cette année. » Face à cette situation, le secrétaire d’Etat chargé des Transports a lancé le « chantier de la renaissance de ces trains, afin qu’ils retrouvent leur pertinence et leurs clients ».

Le gouvernement a décidé de renouveler le matériel roulant, « dont l’ancienneté et l’obsolescence constituent des handicaps de confort et de performance, dans un cadre juridique incontestable ». Le Paris-Briançon bénéficiera du programme en cours d’achat de 34 rames neuves pour un montant de 510M€. Ces rames seront déployées à partir de fin 2016, sur des lignes en partie non électrifiées. M. Vidalies a par ailleurs annoncé que 30 rames neuves supplémentaires, à un niveau, seront acquises dans le cadre du marché existant entre SNCF Mobilités et Alstom et seront déployées à partir de 2018. Cette commande pourra évoluer au résultat de la concertation engagée avec les régions.

Autre amélioration annoncée : l’accès à internet doit être amélioré pour les voyageurs à bord des trains et dans les gares. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) établira d’ici mi-2016 un classement des opérateurs mobiles sur chaque ligne TET. « Cette démarche vise à orienter et amplifier le partenariat entre SNCF et les opérateurs mobiles, afin d’améliorer la couverture des trains du quotidien. »

Enfin, « l’Etat demande à SNCF Mobilités de placer davantage le voyageur au cœur de son action. Aussi, plusieurs mesures permettant d’accentuer les efforts en matière de qualité de service seront mises en œuvre en 2016 : la réduction des dysfonctionnements ou l’amélioration de la propreté à bord des trains, et une politique commerciale plus dynamique. »

« Cette nouvelle pourrait être bonne si elle ne laissait pas en suspens la question des renforts notamment en haute saison hivernale vers Briançon où un seul train est largement insuffisant », réagit le député (PRG) Joël Giraud. « Au-delà, une interrogation doit être posée sans tabou. Si les lignes de Saint-Gervais, Bourg-Saint-Maurice et Nice sont confiés au privé et que ce dernier y réalise un important programme de modernisation, ne va-t-il pas y avoir des trains de nuit à deux vitesses : un retour du confort sur Nice et les Alpes du Nord et un abandon progressif vers les Alpes du Sud (et les Pyrénées). Ce sont des questions auxquelles le ministre devra répondre. »


+ Sur le même sujet...