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Deux des jeunes victimes accompagnés de leurs parents ont témoigné de la violence de la scène, ce lundi soir, au conseil municipal de Gap.Deux des jeunes victimes accompagnés de leurs parents ont témoigné de la violence de la scène, ce lundi soir, au conseil municipal de Gap.

Rixe de Romette : un mineur de 17 ans écroué, les gardes à vue de deux autres mineurs levées

28 Juin 2016 - 21:43

[Mis à jour le 7 juillet à 23h] L’enquête sur l’incroyable déferlement de violences qui a marqué la fête de Romette, ce samedi soir, a progressé, ce mardi. Plusieurs policiers de la brigade de sûreté urbaine de Gap ont été affectés à ce dossier, jugé « prioritaire » par le parquet de Gap. Ce mardi soir, un mineur de 17 ans, qui avait été placé en garde à vue, a été incarcéré à Marseille. Les gardes à vue de trois autres mineurs, de 16 et 17 ans, ont été levées. Sept des neuf victimes identifiées ont déposé plainte. Tous les suspects sont des Gapençais.

« L’enquête se poursuit afin d’éclaircir au mieux le déroulement des faits et les responsabilités de chacun », indique le procureur de la République, Raphaël Balland. Il précise qu’il maintient donc son appel à témoins « auprès de toute personne qui serait en mesure d’identifier les auteurs de violences ». Ce mercredi soir, il précise que, « pour le moment, aucune décision n’a été prise concernant les suites judiciaires, plusieurs investigations étant encore nécessaires, notamment en matière de police scientifique, qui prendront plusieurs semaines ».

Au total, neuf personnes ont été blessées lors de la fête du village : quatre l’ont été par arme blanche dont trois ont été atteints au thorax, trois ont reçu des jets de gaz lacrymogène et deux autres ont été frappés à coups de poings ou de pieds par plusieurs personnes. La victime la plus gravement blessée s’est vu accorder six semaines d’incapacité totale de travail. Aucune d’entre elles n’est encore hospitalisée.

Le procureur veut endiguer les affrontements entre groupes

« Je ne saurais tolérer l’augmentation des violences commises avec une arme blanche dans les Hautes-Alpes constatée ces derniers mois, en particulier dans le cadre d’affrontements entre groupes », indique le procureur, Raphaël Balland. « Par conséquent, fera l’objet de poursuites pénales toute personne qui sera trouvée en possession d’une arme, même d’un simple couteau, avec ou sans cran d’arrêt, quelle que soit la taille de la lame, pliable ou non pliable, en particulier lorsque cette personne se trouvera à proximité ou dans un débit de boisson, d’une boîte de nuit, ou à l’occasion d’un rassemblement festif, a fortiori si elle a consommé de l’alcool ou fait usage de stupéfiants. »

Quatre mineurs ont été placés en garde à vue au fil de l’enquête. Tous reconnaissent être allés à la soirée à Romette, mais aucun ne reconnaît avoir donné des coups de couteau, ni même avoir porté une arme, indique le procureur de la République.

Un jeune Gapençais de 17 ans, déjà connu du tribunal pour enfants de Gap pour avoir commis d’autres délits, a été placé en détention provisoire ce mardi soir. Le juge des enfants a suivi les réquisitions du procureur, en raison de la violation par ce mineur de ses obligations imposées par des jugements antérieurs. Il avait été condamné à des peines d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve. Le 7 juillet, le juge des enfants a décidé de révoquer un précédent sursis de six mois auquel le mineur avait été condamné pour de précédents faits.

Deux autres suspects, âgés de 16 ans, ont été placés en garde à vue dans la soirée de lundi. L’un d’eux était jusque-là inconnu des services de police et de justice et il a été remis en liberté. La garde à vue du second, qui avait été prolongée pour des faits sans rapport avec ceux de Romette, a été levée ce mercredi. Celle d’un quatrième mineur, âgé de 17 ans, interpellé mardi en fin d’après-midi, a également été levée ce mercredi.

Le procureur de la République rappelle que « le simple port ou transport sans motif légitime d’arme blanche (couteau, machette, cutter, etc.), matraque ou bombe lacrymogène est interdit par la loi. Toute personne trouvée en possession d’une telle arme et qui ne peut justifier de la légitimité de cette possession encourt une peine d’un an d’emprisonnement et 15.000€ d’amende, outre la confiscation de l’arme. Également, toute menace de mort en brandissant une arme, même sans commettre de violences, fait encourir trois ans d’emprisonnement et 45.000€ d’amende. Et bien entendu, toute violence commise avec une arme, même avec de légères blessures, aggrave les peines encourues. »

Dans un communiqué publié ce mercredi, le FN qualifie ces faits « d’inadmissibles ». « De tels agissements ne sont plus l’apanage des grandes cités et de leurs banlieues dites défavorisées. Si cela couvait depuis un certain dans le département, la ligne jaune a été franchie, à Serres tout d’abord, puis à Veynes et maintenant Gap. Il ne s’agit plus de fait divers, de bagarres au bal comme cela se passait il n’y a pas si longtemps. C’est à la justice de sanctionner les responsables de ces émeutes. »