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Lancement récolte de pommes (1)

« Les pommes et poires sont de plus en plus saines, notamment chez nous »

30 Août 2016 - 18:43

Le coup d’envoi officiel de la récolte des pommes des Hautes-Alpes sera donné le samedi 9 septembre, lors de la Fête de la pomme à Ventavon. Cette cérémonie symbolique le sera d’autant plus cette année qu’elle marquera la première campagne IGP (indication géographique protégée), qui vient s’ajouter au label rouge dont bénéficie déjà la golden depuis 20 ans.

Des marques de qualité que Nicolas Richier, coprésident du groupement des producteurs de pommes des Hautes-Alpes et du Nord-Sisteron, met en exergue. « Nous faisons des efforts considérables depuis de nombreuses années », souligne-t-il. « Les produits sont de plus en plus sains, notamment chez nous. Nous avons un terroir privilégié. Nous avons moins de problèmes sanitaires que dans des régions moins élevées, même si nous avons d’autres contraintes, en particulier la grêle. »

7% de la production de pommes en France

Le bassin des Hautes-Alpes et du Nord Sisteron produit 124.500 tonnes de pommes et poires par an (dont 110.000 t de pommes, soit 7% de la production française).
Le verger haut-alpin couvre une surface de 3500 hectares (dont 3000 uniquement pour les pommiers).
La filière arboricole représente 4000 emplois à l’année dans le département.

Au-delà des normes françaises, « parmi les plus strictes en Europe », les arboriculteurs haut-alpins sont largement engagés dans la démarche des vergers éco-responsables, à laquelle 80% d’entre eux adhèrent. « Cela implique des obligations encore plus strictes, des contrôle inopinés et des analyses de résidus, ce qui constitue une preuve supplémentaire de qualité », estime M. Richier. « Le but, c’est de vivre de nos exploitations. Nous sommes loin d’être des empoisonneurs. Ce n’est pas notre intérêt et, de plus, nous sommes les plus exposés! » Au passage, Nicolas Richier pointe d’ailleurs du doigt les distorsions au sein de l’Union européenne, qui ne concernent pas seulement le coût de la main d’oeuvre mais aussi l’homologation des produits : « A 200 km d’ici, les producteurs bio italiens peuvent utiliser des produits phytosanitaires qui ne sont pas autorisés en agriculture conventionnelle en France! »

Autre enjeu pour les vergers haut-alpins : leur renouvellement. « Nous avons beaucoup investi dans les filets anti-grêle, qui protègent aujourd’hui 80% de nos vergers, et nous n’avons pas pu le faire dans le renouvellement de nos plantations, qui sont vieillissantes. C’est une priorité aujourd’hui. Les dix prochaines années seront une période charnière. Mais il y a un manque de trésorerie. Les aides nationales pour nos investissements sont insuffisantes ; nous appelons les élus locaux à nous soutenir. »

Météo : « Nous n’avons pas eu de répit cette année »

Côté débouchés, le marché français (« dont on aimerait qu’il favoriser davantage la qualité », observe Nicolas Richier) et le Nord du Maghreb (l’Algérie en particulier) représentent l’essentiel des ventes des pommes et poires haut-alpines. Les exportations vers d’autres pays européens restent minoritaires.

Pour l’heure, difficile de dire à quoi ressemblera cette campagne 2016. « Ce n’est pas trop mal pour les poires, mais c’est trop tôt pour se prononcer pour les pommes », explique M. Richier. « Nous avons eu des incidents climatiques cette année, avec beaucoup de dégâts, ce qui a impliqué une demande de main d’oeuvre. Maintenant, tout va se jouer avec la météo. La pomme des Alpes prend sa valeur avec les écarts de température entre le jour et la nuit. Nous espérons le retour de la fraîcheur la nuit pour donner à la golden sa face rosée. »

Pour consulter le détail du programme de la Fête de la pomme, du 9 au 11 septembre, à Ventavon, cliquez ici