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L'ancien Institut carmélitain du Saint Rosaire, en conflit avec Mgr di Falco, avait quitté Montgardin en 2009 (photos d'archives).L'ancien Institut carmélitain du Saint Rosaire, en conflit avec Mgr di Falco, avait quitté Montgardin en 2009 (photos d'archives).

Une enquête pour « abus de vulnérabilité » contre le « carmel » jadis installé à Montgardin

23 Oct 2016 - 15:33

Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Pau pour « abus de vulnérabilité de personnes en situation de sujétion psychologique ». Elle vise le carmel Notre-Dame de la Rencontre, implanté depuis 2009 à Simacourbe (Pyrénées-Atlantiques), après avoir dû quitter Montgardin, où il s’était installé en 1997. Cette enquête fait suite à une plainte déposée en septembre dernier par les parents d’une jeune carmélite et à un signalement du centre contre les manipulations mentales (CCMM/Info Sectes Aquitaine), dénonçant « des agissements susceptibles de constituer des situations d’emprise psychologique et de dérives sectaires ». La supérieure de cette communauté, soeur Joanna (Eliane de Cock dans le civil), 79 ans, d’origine belge, nie ces accusations. De son côté, l’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron-Sainte-Marie, Mgr Aillet, ne souhaite faire « aucun commentaire ».

Les parents de la carmélite ont déclaré à l’AFP que leur fille «est en réel danger, tant sur le plan physique que psychologique et, devant l’incapacité des autorités ecclésiastiques de tutelle de régler le problème, nous avons décidé, en dernier recours, de saisir la justice». Selon Sud-Ouest, une seconde famille « a fait part d’inquiétudes similaires sans, pour l’heure, porter plainte». La communauté compte 15 religieuses.

En 1994, Soeur Joanna avait été relevée de ses voeux solennels en Belgique à la suite d’une enquête canonique menée par l’évêque de Namur. Installée en 1997 à Montgardin, avec l’aval de Mgr Georges Lagrange, évêque jugé proche de certains mouvements tradionalistes, l’Institut carmélitain du Saint Rosaire l’avait quitté en 2009, après de longs mois de conflit avec l’actuel évêque de Gap et d’Embrun, Mgr di Falco Léandri.

« Cette communauté se présentait comme un Carmel, ce qui ne correspondait pas à la réalité et induisait en erreur les jeunes filles désireuses d’être accueillies dans un authentique Carmel », écrivait Mgr di Falco dès 2007. Alors que la communauté faisait l’objet de critiques et de nombreuses rumeurs, l’ecclésiastique avait demandé une enquête canonique à l’Officialité de Marseille (tribunal ecclésiastique) « afin de prendre les décisions qui s’imposaient en toute objectivité ». En décembre 2006, la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée, à Rome, considérait que « l’érection comme Carmel (de cette communauté, NDLR) n’est ni possible, ni opportune dans les circonstances actuelles ». Mgr di Falco indiquait alors que cette possibilité restait ouverte, si la communauté acceptait « d’établir des liens de confiance avec le diocèse » et de se développer « harmonieusement, dans un esprit d’Église ».

En 2009, le carmel d’Alençon décidait de la réintégrer, ce qui permettait à l’évêque de Bayonne d’installer ce carmel à Simacourbe.


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