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Calendrier de l’Avent open source : Le programme de traitement d’images Gimp

Ceci est un calendrier de l’Avent pour les techies. Dans le monde numérique commercialisé à outrance, presque tout appartient à un grand groupe Internet. Leurs logiciels ne sont ni ouverts ni libres. En contrepartie, il existe ce petit îlot du monde open source : des logiciels dont le code peut être consulté publiquement et vérifié de manière indépendante quant à d’éventuelles failles de sécurité et portes dérobées. Un logiciel qui peut être utilisé, diffusé et amélioré librement. Le moteur de ce travail est souvent tout simplement le plaisir de mettre à disposition de la société quelque chose d’utile.

Du 1er au 24 décembre, de courts portraits de projets open source seront publiés sur heise online. Ceux-ci traitent des fonctions de chaque logiciel, de ses pièges, de son histoire, de son contexte et de son financement. Derrière certains projets se cache une personne seule, derrière d’autres une communauté peu organisée, une fondation gérée de manière stricte avec des professionnels ou un consortium. Le travail est purement bénévole ou financé par des dons, des coopérations avec des groupes Internet, des subventions publiques ou un modèle d’entreprise open source. Qu’il s’agisse d’une application individuelle ou d’un écosystème complexe, d’un programme pour PC, d’une application ou d’un système d’exploitation, la diversité de l’open source est stupéfiante.

Le calendrier de l’Avent de l’open source

Du 1er au 24 décembre, de courts portraits de projets open source seront publiés sur heise online. Ils traitent des fonctions de chaque logiciel, de ses pièges, de son histoire, de son contexte et de son financement.

  • 1er décembre : navigateur web Firefox

  • 2 décembre : App-Store F-Droid

  • 3 décembre : paquet Office LibreOffice

  • 4 décembre : système d’exploitation mobile Android

  • 5 décembre : le navigateur d’anonymat Tor

  • 6 décembre : lecteur multimédia VLC

  • 7 décembre : renseignements sur les horaires des transports publics

  • 8 décembre : gestionnaire de mots de passe KeePass

  • 9 décembre : la messagerie Telegram

  • 10 décembre : moteur de navigation Chromium

Sommaire

Gimp se passe de structure formelle et est porté par une communauté informelle. L’une des personnes clés du projet est un libraire de l’Allgäu.

Schnipp schnappn : avec Gimp, le programme GNU de manipulation d’images, on peut recadrer des photos de vacances en quelques clics et avec peu de connaissances en graphisme. Mais le programme PC permet également un traitement complexe des images. Gimp est sous licence GNU GPLv3. Il n’existe pas de version pour smartphone et aucune n’est prévue, explique Michael Natterer, l’un des principaux développeurs.

Il ne peut pas fournir de chiffres sur la diffusion. On ne les enregistre pas, de même qu’il ne peut rien dire sur les chiffres de téléchargement. Ceux-ci n’auraient de toute façon que peu de signification, car Gimp est téléchargé par défaut à partir d’un des serveurs miroirs externes et est livré de manière autonome par différents systèmes d’exploitation Linux dans le cadre de leurs paquets logiciels respectifs. Le projet part cependant du principe que Gimp est largement répandu.

Presque tous les projets open source ont une sorte d’organisation qui reçoit au moins les dons et détient les droits de la marque. Chez Gimp, il n’existe aucune structure formelle, explique Natterer dans un entretien avec heise online. Seul le travail commun permet à la communauté de rester unie. Les dons sont acceptés par la fondation américaine Gnome Foundation pour Gimp. Par le biais de la plateforme d’abonnement aux dons Liberapay, Gimp reçoit environ 100 euros par semaine de la part de 160 donateurs réguliers.

Il est également possible de faire un don directement à trois membres de la communauté qui travaillent sur des projets en cours. Un aperçu sur Gimp.org énumère 371 personnes « qui ont rendu Gimp possible » : 323 personnes ont contribué au code, 15 ont travaillé à la conception et 29 à la documentation. Il s’agit toutefois de toutes les personnes qui ont contribué à un moment ou à un autre au cours des 25 ans d’histoire, précise Natterer. La taille de la communauté actuellement active est de l’ordre de quelques dizaines de personnes.

Il n’existe pas de point de contact central pour la communauté. Une grande partie de la communication passe par les canaux de discussion IRC. S’y ajoutent quelques forums. Pixls.us joue un rôle particulier. Le responsable du forum, qui traite de l’intersection entre la photographie et les logiciels open source, est également actif depuis longtemps sur Gimp. Une à deux fois par an, le noyau de la communauté, généralement composé de cinq à dix personnes, se réunit. En temps normal du moins : Natterer se plaint que la pandémie est également frustrante pour le projet Gimp. Ces rencontres en vrai manquent tout simplement depuis bientôt deux ans.

Comme de nombreux programmes open source, Gimp a commencé comme un projet universitaire. Il a été inventé par Spencer Kimball et Peter Mattis, deux étudiants en informatique de l’Université de Californie, Berkeley. Au milieu de l’année 1995, ils ont annoncé Gimp dans différents groupes de discussion comme une alternative libre au programme commercial et payant d’Adobe, Photoshop.

En février 1995, ils publièrent une première version bêta, encore inachevée, qu’ils développèrent continuellement. En juin 1998, la version 1.0 était prête. Les deux pères du logiciel s’étaient retirés du projet peu de temps auparavant.

Sur le site de Gimp, l’un des deux principaux développeurs est aujourd’hui Michael Natterer, qui est actif sur Gimp depuis les premiers jours. Natterer vit dans la ville de Wangen im Allgäu, dans le Bade-Wurtemberg, et est libraire.

Sa carrière dans le programme Gimp a également commencé pendant ses études. Il l’avait simplement utilisé, avait découvert une erreur et avait téléchargé le code source en se disant « ça ne doit pas être si difficile » : « Quelques heures plus tard, un patch était prêt et c’était mon premier hack Gimp. Pendant les vacances universitaires suivantes, je me suis porté volontaire (‘donnez-moi quelque chose à faire’). Et hop – j’étais de la partie ».

Le travail sur cette série d’articles repose en partie sur une bourse « Neustart Kultur » du Délégué du gouvernement fédéral à la culture et aux médias, attribuée par la VG Wort.

Voir aussi

  • GIMP chez heise Télécharger

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