Gaia-X : le fournisseur de cloud Scaleway tire sur la corde et se retire

Gaia-X devait apporter rien de moins que l’indépendance numérique vis-à-vis des Etats-Unis. Le projet, lancé par le ministre de l’Économie Peter Altmaier et son homologue français Bruno Le Maire, devait devenir une « infrastructure de données en réseau, berceau d’un écosystème européen vital », comme l’indiquait le titre d’un premier document de base. Pour atteindre cet objectif, les deux pays et les entreprises ont créé une organisation à but non lucratif de droit belge. Et celle-ci aura à l’avenir un membre de moins : le fournisseur français de cloud, qui exploite six centres de données en Europe et est membre fondateur de l’organisation Gaia-X, a annoncé qu’il ne renouvellerait pas son adhésion.

« Bien que les objectifs de l’association soient nobles à l’origine, ils sont ralentis et déplacés par un paradoxe de polarisation qui crée un terrain de jeu déséquilibré. Scaleway va concentrer son temps, son argent et son attention sur son offre de produits multi-cloud – un facteur clé pour une véritable flexibilité et ouverture », déclare Yann Lechelle, CEO de Scaleway. La formulation voilée laisse place à l’interprétation. La critique implicite selon laquelle les objectifs de Gaia-X ne sont pas vraiment clairs accompagne le projet depuis le premier jour.

Les fournisseurs européens de cloud computing ont espéré des standardisations afin que les clients d’entreprise puissent importer leurs services de fournisseurs européens en Europe avec moins d’efforts de migration. Scaleway est également actif dans ce domaine, se qualifiant lui-même de « fournisseur multi-cloud » et proposant, outre ses propres ressources, un équilibreur de charge multi-cloud qui répartit les charges entre différents fournisseurs (européens et américains).

L’idée d’autres participants à Gaia-X va toutefois dans une autre direction. L’industrie (automobile), en particulier, rêve d’espaces de données communs permettant de partager des données de télémétrie et de machines avec d’autres et travaille, au sein des comités Gaia-X, à des prototypes de partage et d’exploitation de données. De telles idées s’adressent principalement aux grands groupes, qui peuvent confier à leurs propres services de nouveaux projets d’exploitation des données. De tels projets ne résolvent pas les problèmes des entreprises de taille moyenne qui cherchent une alternative aux fournisseurs américains, conforme au RGPD, pour leurs activités quotidiennes.

Scaleway n’a pas choisi la date de son retrait par hasard. Le Gaia-X-Summit 2021 aura lieu les 18 et 19 novembre. A l’ordre du jour de cet événement, des conférences de politiciens et de représentants de l’industrie qui parleront du travail effectué sur le projet.

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