AccueilActualités informatiqueIsraël : la police aurait fait appel à des hackers privés sans...

Israël : la police aurait fait appel à des hackers privés sans le contrôle d’un juge

La police israélienne aurait payé des civils pour mener des cyber-attaques contre des cibles. C’est ce que rapporte le magazine Calcalist (כלכליסט) et donne même des noms. Ainsi, un homme aujourd’hui âgé de 31 ans aurait été recruté il y a sept ans par la police en tant que « génie de l’informatique ». Sans formation spécifique, sans autorisation de sécurité et sans contrats de confidentialité spéciaux, lui et au moins deux autres auraient été chargés de s’introduire dans des réseaux WLAN privés, d’obtenir secrètement des données de caméras de surveillance, de s’emparer de documents d’assurance ou de pirater des téléphones portables qui n’auraient pas pu être décodés par des logiciels espions. Le scandale du logiciel Pegasus de NSO Group semble ainsi prendre une nouvelle direction dans son pays d’origine.

Sommaire

Selon le rapport, l’homme, aujourd’hui âgé de 31 ans, a été embauché un an après avoir quitté l’armée israélienne. A l’époque, il aurait eu des difficultés financières et aurait été jugé pour avoir proposé en ligne, contre rémunération, de pirater des consoles Playstation de Sony. Depuis, la police aurait régulièrement fait appel à ses services, le payant parfois jusqu’à l’équivalent de 14.000 euros par mois.

La police n’a jamais cherché à savoir comment il avait obtenu les informations souhaitées, mais lui a donné accès à sa propre centrale d’écoute. C’est là qu’il aurait eu accès à des informations top secrètes, bien qu’il n’ait jamais reçu de formation policière. Il a aidé à élucider des cas difficiles sans avoir obtenu d’autorisation judiciaire pour ses actions. Il n’est pas clair si la police a pu s’assurer que les informations ainsi collectées n’étaient pas transmises en parallèle.

Le rapport de mercredi pourrait donner une nouvelle orientation au débat sur le logiciel espion Pegasus qui vient d’être lancé en Israël. Calcalist avait rapporté en début de semaine que certaines autorités policières du pays avaient eu recours de leur propre chef au logiciel espion pour espionner des personnes qui avaient mené des manifestations contre le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu. Des démentis véhéments, mais parfois aussi trop précis, avaient suivi. Le site Jerusalem Post les déclarations du gouvernement pourraient laisser entendre que ce n’est pas le logiciel espion du NSO Group qui a été utilisé, mais la technologie d’autres entreprises. Cela ne changerait rien à l’accusation fondamentale selon laquelle des logiciels ont été utilisés pour lutter contre le terrorisme et la grande criminalité contre les détracteurs du gouvernement.

Lire aussi

Plus d'articles