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Le bruit des bits : Intel Core i-12000, succès d’AMD, exaflops en Chine

Enfin, les processeurs pour PC retrouvent un peu de piquant : Intel fait une entrée fracassante avec le Core i9-12900K alias « Alder Lake ». Certes, il ne dépasse pas le Ryzen d’AMD dans tous les benchmarks et reste, comme on pouvait s’y attendre, derrière le Threadripper, mais les cartes sont redistribuées. De plus, Intel efface le fait d’avoir été à la traîne pendant des années avec PCI Express 4.0 : Intel prend les devants avec PCIe 5.0, ainsi qu’avec la mémoire DDR5 et les processeurs x86 hybrides. Le fonctionnement mixte de cœurs particulièrement puissants et particulièrement efficaces fonctionne plutôt bien. Et AMD a l’air un peu bête, car malgré plusieurs correctifs, les Ryzens calculent toujours un peu moins bien sous Windows 11 que sous Windows 10. Les théoriciens du complot imaginent une alliance impie avec Wintel en arrière-plan, mais il s’agit plutôt d’une maladresse des pilotes, faite maison par AMD. Et les petits avantages et inconvénients ne sont de toute façon pas vraiment pertinents. Avec le Core i-12000, Intel s’offre en tout cas le plus beau cadeau pour le 50e anniversaire de son ancêtre à microprocesseur, le 4004.

A la surprise générale, Intel a acheté pour 125 millions de dollars US une partie de l’équipe de développement des processeurs de la société texane Centaur. Celle-ci développe des processeurs x86 économiques et appartient depuis 22 ans à la société taïwanaise VIA. La technique de Centaur se trouve également dans les processeurs « IDT WinChip » des années 1990. Les informations publiques ne permettent pas de savoir pourquoi Intel reprend les centaures.

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AMD est à son tour sur la bonne voie : non seulement d’excellents chiffres de vente et de bénéfices au troisième trimestre 2021, mais aussi un bond du cours de l’action le 8 novembre. AMD a alors annoncé l’accélérateur de calcul superpuissant Instinct MI250X, qui alimente le supercalculateur Frontier, ainsi que des processeurs Epyc avec « 3D V-Cache » empilés. En outre, un accord a été conclu avec Meta, alias Facebook, pour la construction d’un centre de calcul où davantage d’Epyc seront utilisés à l’avenir. AMD a ensuite confirmé 96 cœurs Zen-4 pour « Genoa » en 2022 ainsi que 128 cœurs Zen-4c légèrement allégés pour « Bergamo », qui devrait suivre en 2023. Et dans quelques mois arriveront des Ryzens à cache géant qui feront mieux que le Core i-12000 d’Intel.

Intel « Alder Lake » dans la version Core i5-12600K dans la nouvelle version LGA1700 : Intel appelle désormais le processus de fabrication en 10 nanomètres « Intel 7 », afin de mieux se positionner par rapport à TSMC et Samsung.

Selon les estimations de l’entreprise d’études de marché Mercury Research, AMD devrait bientôt obtenir la part de marché la plus élevée de son histoire pour les processeurs x86, à savoir plus de 25 pour cent, contre 24,6 pour cent actuellement. AMD a surtout marqué des points sur les processeurs mobiles, les serveurs et les systèmes intégrés, tandis qu’Intel a repris 0,1 % sur les ordinateurs de bureau. Selon Mercury Research, la demande d’ordinateurs portables bon marché et de Chromebooks, qui avait d’abord explosé suite à la pandémie de coronavirus, s’est entre-temps « évaporée ». Les processeurs bon marché comme l' »Atom-Celeron » N5095 d’Intel apparaissent désormais ailleurs, par exemple dans des ordinateurs chinois bon marché comme le Beelink U59.

Lorsque vous lirez ce numéro de c’t, la 58e liste du Top500 des superordinateurs les plus rapides du monde sera probablement déjà connue ; nous en parlerons dans le prochain c’t 26/2021. Il est possible que Frontier ait déjà franchi le mur de l’exaflops avec la technologie AMD, dont le gigantesque Instinct MI200. Au préalable, il y a eu de l’agitation autour de deux ordinateurs chinois exaflopiques qui fonctionneraient déjà depuis des mois – c’est en tout cas ce qu’affirme le site web The Next Platform en se référant à des sources anonymes. Ces superordinateurs EFlops seraient équipés de processeurs et d’accélérateurs de calcul chinois, car les exploitants n’ont plus accès à la technologie d’AMD, Intel, Nvidia ou IBM : Le gouvernement américain a placé sur des listes de boycott toutes les entreprises et institutions qui collaborent aux projets Exascale chinois. Les rapports sur les succès chinois en matière d’EFlops ne sont certes pas confirmés, mais tout à fait réalistes : il est de notoriété publique que la Chine travaille sur sa propre technologie de calcul, et il existe des données de référence crédibles sur les accélérateurs de calcul puissants comme le Matrix 3000.

L’UE continue d’élaborer une stratégie pour une production locale de semi-conducteurs, des associations telles que VDE, ZVEI et Digitaleurope ont publié des prises de position à ce sujet. Mais même la fabrication locale ne protège pas contre la pénurie de puces : c’est ce que montre l’exemple des microcontrôleurs STM32 de STMicroelectronics, très appréciés, mais qui, malgré une production (en partie) européenne, resteront en pénurie pendant des mois.

Le bruit des bits fait aussi l’objet d’un podcast régulier.

c’t édition 25/2021

Dans le numéro 25/2021 de c’t, nous déclarons la guerre à la hausse des prix de l’énergie. En identifiant les appareils gourmands en électricité, en adaptant son comportement et en optimisant son tarif d’électricité, il est possible de faire des économies substantielles. Nous démystifions les mythes sur les économies d’énergie et démasquons un placebo en la matière. Nous avons également testé des téléviseurs 55 pouces de milieu de gamme ainsi que les services de streaming vidéo correspondants. Vous trouverez le numéro 25/2021 à partir du 19 novembre dans la boutique et dans les kiosques à journaux bien achalandés.

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